Monsieur le président, madame, monsieur les ministres, mes chers collègues, nous examinons des dizaines de textes agricoles pour répondre à des crises, mais un constat demeure : nous ne parvenons pas à fixer un cap clair et fort pour relancer l’agriculture française, en nous dotant d’outils souples permettant d’appréhender les enjeux de demain.
Le changement climatique et le contexte international déstabilisent nos productions et leur commercialisation. Nous savons que de prochaines crises surviendront, même si nous en ignorons l’ampleur. C’est pourquoi il nous faut disposer de règles simples et pérennes permettant à nos agriculteurs de s’adapter, et non faire du cas par cas.
Nous devons réfléchir sur le temps long. Le changement climatique intervient à courte échéance, mais adapter un verger ou un vignoble prend du temps.
La transition exige de la tolérance et un accompagnement, aussi bien financier que par la recherche et le transfert. Cependant, nous ne pouvons nier la réalité. S’il faut limiter notre impact sur l’environnement pour ralentir le changement climatique, nous devons nous adapter à ses conséquences immédiates.
Notre action est peut-être limitée face aux menaces internationales, aux augmentations de droits de douane ou aux guerres, mais nous pouvons choisir d’élaborer un cadre concernant notre production nationale. Pour cela, nous devons sortir des oppositions dogmatiques. L’agriculture et l’environnement sont deux forces qui sont non pas opposées, mais interdépendantes.
L’impact sur la disponibilité de la ressource en eau, l’apparition de nouveaux ravageurs et de maladies, la modification des calendriers de culture, les inondations, puis la sécheresse : telles sont les situations auxquelles doivent faire face nos agriculteurs.
Dans mon département de l’Hérault, nous avons connu une période de sécheresse, puis des inondations ravageuses, et nous subissons désormais des incendies. Actuellement, nous sommes de nouveau en crise, avec des mesures de restriction d’usage de l’eau et une sécheresse des sols qui s’aggrave. Les vignerons en souffrent, alors que la viticulture est au cœur de l’économie héraultaise. Nous devons leur apporter les moyens de faire face à ces situations qui ne peuvent que s’amplifier.
Cessons de parler d’agriculture productiviste ou de modèles ultra-intensifs dès que nous leur apportons une solution ! Soyons honnêtes et examinons la réalité de ce qui se passe chez nos voisins européens : nos exploitations françaises sont à taille humaine et notre agriculture respecte l’environnement.
Toutefois, notre agriculture souffre d’un manque de compétitivité. Si nous voulons préserver notre modèle agricole, nous devons d’abord le rendre économiquement viable.
L’agriculture en général et la viticulture en particulier pâtissent déjà des changements climatiques et du contexte international. N’ajoutons pas des boulets supplémentaires à la productivité de nos agriculteurs !
Deux sujets ont cristallisé les débats ces dernières semaines : les néonicotinoïdes et l’eau.
En ce qui concerne le premier sujet, ne déformons pas la réalité. La mesure introduite prévoit la possibilité d’autoriser une dérogation sous contrôle scientifique et pour certains cas très précis. Il ne s’agit pas d’une réautorisation simple. L’acétamipride est autorisé dans vingt-six pays européens sur vingt-sept. Seule la France l’interdit !
S’agissant du second sujet, cessons de diaboliser le stockage de l’eau et de travestir la réalité ! Proche de mon département, l’Espagne dispose d’une capacité de stockage cinq fois supérieure à la nôtre, avec deux fois moins de pluie. En France, 80 % de nos ouvrages sont des mares ou des retenues collinaires d’une capacité comprise entre 5 000 et 150 000 mètres cubes, tandis que les balsas espagnoles représentent entre 15 000 et 1 million de mètres cubes. Sécuriser l’accès à l’eau pour nos agriculteurs, c’est tout simplement sécuriser notre souveraineté alimentaire.
Dans l’ensemble, notre groupe soutiendra ce projet de loi. Bien qu’il ne s’agisse encore que d’un texte de réaction et non d’une stratégie à long terme, il comporte des mesures attendues par les agriculteurs sur l’eau, la prédation, le foncier agricole, les projets d’avenir agricole ou la prise en compte des produits durables et de qualité pour atteindre les objectifs des lois Égalim.
Ce texte d’urgence ne dispense pas le Gouvernement d’une ambition plus vaste, permettant de définir un cadre d’action. La prédation en est un exemple : la situation des éleveurs face aux attaques du loup est intenable, mais que dire des ours, des vautours et des prédateurs de demain ?
L’agriculture est un secteur stratégique pour la souveraineté nationale. Donnons-nous les moyens de défendre l’agriculture française ! (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Monsieur le président, madame, monsieur les ministres, mes chers collègues, le statu quo n’est plus possible, comme vous l’avez si bien dit, madame la ministre, lors de votre audition le 9 juin dernier devant notre commission des affaires économiques.
Nos agriculteurs n’ont que trop attendu ce projet de loi...
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Ah bon ?
Il s’agit de permettre à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) d’autoriser par dérogation, à titre exceptionnel, leur utilisation pour des cultures ciblées, soit quatre filières qui sont en situation d’impasse.
Cet état d’impasse technique a d’ailleurs...
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La parole est à M. Jean-Pierre Grand, pour le groupe Les Indépendants – République et Territoires. (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP.)
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à M. Pierre Cuypers, pour le groupe Les Républicains. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Monsieur le président, madame, monsieur les ministres, mes chers collègues, nous achevons cette session extraordinaire par l’examen des conclusions de la CMP sur le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles.
Je tiens tout d’abord à saluer la ténacité et la constance de nos rapporteurs,...
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Et nous alors ?
C’est la meilleure !