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Dominique de Villepin

2025-10-06 17:56 original

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE À L'HEURE DE VÉRITÉ La démission de Sébastien Lecornu prend acte de l’effritement et du rétrécissement du socle commun, avec la défection annoncée des Républicains. La responsabilité de cet effondrement intérieur, si elle doit beaucoup à la stratégie erratique des Républicains, incombe en définitive au Président de la République, et à lui seul. Par orgueil, il a utilisé les divisions du Parlement né de la dissolution dans un seul but : ne rien changer à la politique qu’il mène depuis huit ans. L’Elysée est devenu le palais des totems et des tabous où se conduit, telle l’offensive Nivelle, la politique de l’offre et du ruissellement. C’est par conséquent le président de la République, et lui seul, qui détient les clés de l’apaisement ou du chaos. Je répète depuis juillet 2024 que l’esprit de la Ve République imposait à un président affaibli d’acter la volonté des Français d’une cohabitation et la nécessité d’une coalition construite sur un contrat clair et préalable. C’est désormais impossible, tant la confiance a été rompue. C’est à lui de parler et d’agir. Sans diversions. Sans illusions. Sans délais. Même s’il n’a plus devant lui que de mauvais choix. Un nouveau gouvernement du même acabit, dans l’idée de passer en force par le recours aux ordonnances en vertu de l’article 47, serait un entêtement et une provocation. Un référendum serait une diversion électorale qui ne ferait qu’amalgamer les colères. La démission du Président nous ferait entrer dans une crise de régime – courageuse hier, elle serait piteuse aujourd’hui. Une nouvelle dissolution, au milieu de toute cette colère, serait certes la voie la plus démocratique, mais certainement  la chronique d’une faillite annoncée, conduisant soit à un plus grand chaos encore, soit à l’aventure identitaire, sécuritaire et autoritaire, qui mènerait inévitablement à la vassalisation de notre pays. Reste la moins mauvaise des mauvaises solutions : signaler la prise de conscience de sa responsabilité dans un message solennel aux Français, et désigner une personnalité qualifiée, respectée et d’apaisement, hors du champ partisan et sans ambition présidentielle, chargée de travailler avec toutes les forces du front républicain. Le Président doit accepter que la politique soit menée à l’Assemblée et non à l’Elysée, avec un droit d’inventaire absolu et une priorité conférée à l’adoption d’un budget, sérieux, juste et ambitieux, d’ici à la fin de l’année. Plus que jamais, nos concitoyens sont en attente de plus d’ordre républicain et de plus de justice sociale. Plus que jamais, le moment est venu de faire passer les Français et  la France en premier. Dominique de Villepin ©️ Photo News : Éric Tschaen/Rea