Face à la situation des étudiants précaires, des femmes, des personnes en situation de handicap et des enfants, j’ai envie de dire : faisons de la politique autrement. Soyons imaginatifs. Aujourd’hui, l’État fait des promesses aux plus vulnérables qu’il est incapable de tenir. Pour les tenir enfin, c’est notre modèle tout entier qu’il faut reconstruire. Redresser les comptes pour renforcer notre souveraineté, notre sécurité et notre crédibilité. Agir pour la culture parce qu’elle est le cœur de tout. Reconnaître la vulnérabilité de tant de nos compatriotes, cesser d’en faire un tabou et en faire une force. Investir dans l’IA et la décarbonation. Un État plus fort, qui retrouve son autorité, c’est aussi un État qui prend davantage soin et retisse davantage de liens. Entretien du 20.09.26 sur @franceinfo
Dominique de Villepin
Ancien Premier ministre de la République française
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160 000 enfants victimes chaque année de violences sexuelles. Plus de 100 féminicides depuis le début de l’année. Un enfant sur trois victime de harcèlement. Tout cela place notre pays face à une tragédie. Nous avons un devoir de protection envers celles et ceux qui sont les plus exposés. Nous ne pourrons pas rétablir l’équilibre national sans répondre à ces situations de vulnérabilité. Pour cela, nous devons comprendre la puissance du masculinisme qui traverse aujourd’hui notre société et qui contribue peut-être à expliquer la lenteur avec laquelle nous avons pris la mesure de l’inacceptable. Entretien du 20.09.26 sur @franceinfo
À ce soir 18h15 sur @franceinfo ! https://t.co/qGM73WZVE1
Je sais ce que c’est que diriger une entreprise, tenir un compte d’exploitation, établir une fiche de paie. Cela m’a appris l’exigence de simplification. Tous ceux qui ont la responsabilité de l’économie française gagneraient à faire ce petit stage dans le réel : comprendre, concrètement, ce que signifie créer un emploi et de l’activité dans notre pays. Entretien du 17.09.26 sur @LCI
Je suis déterminé à porter le combat présidentiel. 80 000 adhérents, premier parti de jeunes de France : nous avons construit en quelques mois un mouvement politique capable de rivaliser avec les plus grandes organisations politiques. Pour garantir son indépendance et porter une campagne présidentielle, la France Humaniste a besoin de vous. Chaque don compte pour faire avancer nos idées. ✅ Donnez sur https://t.co/JpjwY6dsaw
Je suis pour la justice sociale, ce qui me met à gauche. Je suis pour l’ordre républicain, ce qui me met à droite. Mais je suis surtout conscient du drame français. Vous auriez posé la question aux membres du Conseil national de la résistance en 1943 ? Je ne crois pas que quand les Français voient le prix de l’essence, la situation du budget, ils réagissent en homme ou femme de droite, ou de gauche. Ce sont des citoyens malheureux, et les citoyens malheureux veulent d’abord le meilleur pour leur pays.
Cela fait vingt ans que je me prépare à être candidat. Je mesure l’immensité de la tâche, je viens avec beaucoup d’humilité devant les Français, et je considère qu’il y a un certain nombre de conditions pour être candidat et recueillir l’adhésion des Français. Il y a là beaucoup d’élus qui sont présents avec moi sur ce plateau. Nous avons aujourd’hui au sein de la France humaniste plus de 80 000 membres. Nous sommes le premier parti de jeunes de France. C’est une force qui se mobilise.
Nous sommes à un moment de notre histoire où il y a un immense effort à faire. Si cet immense effort n’est pas d’abord fait par les plus favorisés, je ne vois pas pourquoi le reste du pays les regarderait sagement. https://t.co/QRTUX2mhIB
Un budget se construit sur plusieurs années. Je suis favorable à une programmation sur cinq ans. https://t.co/c8RjYeWICJ
RT @LFHumaniste: « Il est très important de montrer la détermination française à marquer un soutien et faire l'effort économique, militaire…
J’ai moi-même fait mon service militaire en mer rouge, à Djibouti. J’ai bien vu ce que cela impliquait pour nos armées. Je ne rétablirai pas la conscription. En revanche, il faut prendre en compte l’évolution de la guerre, sous toutes ses formes. Je suis pour un renforcement citoyen à l’échelle de la nation, pour faire face aux catastrophes naturelles, aux cyber-attaques. Chaque Français doit savoir ce qu’il fera si la nation est attaquée. C’est une culture à développer.
RT @LFHumaniste: @Villepin : « Je pense qu’il est important de tout faire pour empêcher l’Iran d’avoir la bombe. » « J’ai initié personne…
Le destin de la France est notre devoir à tous. https://t.co/VetaeGTSWQ
Bien sûr que nous allons vers un choc pétrolier. Et il se transmet du baril, du prix du fret, des assurances, jusqu’à l’assiette de nos compatriotes et jusqu’au plein d’essence. Face à Donald Trump qui a réussi à obtenir la fermeture du détroit d’Ormuz, et depuis quelques jours la quasi-fermeture de celui de Bab-el-Mandeb, on aimerait pouvoir dire qu’il existe une autorité qui pourrait remettre un peu d’ordre sur cette situation régionale. Malheureusement ce n’est pas le cas.
À ce soir 21h ! @LCI https://t.co/v2LTQcr15r
RT @LCI: 🔴 Ce jeudi 17 septembre à 21h sur #LCI 🗳️ Soirée spéciale #Objectif2027 🗣️ Dominique de Villepin (@Villepin) est l’invité de @…
À demain 21h sur @LCI ! https://t.co/m7UP9UKaeo
La voix de Catherine Ringer manquera aux Français. Une voix qui n’appartenait à personne, qui ne ressemblait à aucune autre. Libre, insolente, elle savait tenir ensemble ce qui blesse et ce qui fait vivre. Elle avait fait de ses épreuves une force, du deuil un élan, de la fragilité une manière de se tenir debout. Je pense aujourd’hui à Fred Chichin, son compagnon, son complice, l’autre moitié des Rita Mitsouko. Ensemble, ils auront donné à la chanson française une liberté, un ton, une audace qui n’appartenaient qu’à eux. Après sa disparition, elle avait continué seule, sans jamais effacer ce qui avait été partagé. À ses enfants, à ses proches, à tous ceux qu’elle a accompagnés, j’adresse mes pensées les plus émues. Il restera cette voix. Cette façon de traverser les blessures sans leur céder, de choisir toujours la vie. Et reviennent aujourd’hui ces mots de Marcia Baïla : « La mort, c’est comme une chose impossible. » Dominique de Villepin
Je voudrais parler d’un enjeu majeur dont presque aucun candidat ne parle : la culture. Nous vivons une fausse abondance, une abondance de flux et une rareté du sens. Nous brûlons notre attention comme on brûle du pétrole. Et pendant ce temps, personne ne pose la vraie question : qu’est-ce qui nourrit un peuple ? Qu’est-ce qui élève un enfant ? Qu’est-ce qui fait qu’une nation se reconnaît dans un récit commun ? La France a répondu deux fois. En 1959, le Général de Gaulle avec Malraux : la culture pour tous. En 1981, François Mitterrand avec Jack Lang : la culture de tous. Depuis vingt ans, trop souvent, on se satisfait de la simple gestion, des guichets et des organigrammes. Nous n’avons jamais consacré autant de moyens à la culture, et pourtant jamais la vision n’a semblé aussi faible. Pendant que nous gérions, les plateformes ont pris la main sur une part croissante de l’imaginaire de nos enfants, les empires ont fait de la culture une arme, la Corée du Sud a fait de l’exportation culturelle une stratégie de puissance, et les machines se sont entraînées sur des millions d’œuvres sans garantir à leurs auteurs une juste rémunération. Je propose le troisième âge de notre politique culturelle : la culture par tous. Entre le marché total qui vend nos imaginaires et les empires qui les dictent, la France peut porter un troisième chemin : la culture comme bien commun, libre dans sa création, publique dans son accès, exigeante dans sa transmission.
Vingt-cinq ans nous séparent du 11 septembre 2001. Et pourtant, nous sommes toujours le 12 septembre 2001. Depuis lors, en effet, nous sommes enfermés dans l’éternel retour du même. Comme si c’était hier. Comme si cela pouvait être à nouveau demain. Du 11 septembre 2001, nous nous souvenons d’abord de la sidération. En moins de deux heures, de 8h14 à 10h03, c’est toute la vision du monde de l’Occident qui s’est brisée sous nos yeux. À l’heure de l’hommage, c’est d’abord vers la mémoire des 2977 morts de cette tragédie, vers leurs familles, leurs proches, celles et ceux qui vivent encore, 25 ans après, dans la douleur du deuil et de l’injustice, que vont nos pensées. Ce qui, pour nous, est une tragédie ayant bousculé l’ordre de l’existant, demeure pour eux une blessure humaine, une fracture ouverte, une vie amputée d’une part de liberté. Voilà des douleurs que la politique n’apaisera jamais. Vingt-cinq ans, c’est une génération. Ceux qui sont nés dans le vacarme du 11 septembre travaillent, se marient, font des enfants. Vingt-cinq ans, c’est sept présidences américaines, cinq présidences françaises. Vingt-cinq ans, qui ont vu naître les réseaux sociaux, l’intelligence artificielle, les smartphones, les monnaies numériques, le streaming, les véhicules électriques. Vingt-cinq ans, et pourtant, oui, définitivement, nous sommes toujours le 12 septembre 2001. Parce que ce jour-là, trois fléaux qui en sont venus à définir, pour une large part, notre monde effrayant ont fait irruption, brutalement, par cette porte des Enfers ouverte à coups de bélier. Premier fléau, un terrorisme islamiste global qui, comme un virus mortel, s’est attaqué à toutes les puissances, parce qu’il était par nature une contestation, une opposition, une mise à l’épreuve de la puissance d’État. Il ne s’agit pas pour lui de vaincre, c’est impossible, il incarne une violence née de la faiblesse, mais il peut faire douter, pour ne pas être seul vaincu par l’Histoire. Le terroriste, c’est le « perdant radical » comme l’avait défini le poète allemand Hans Magnus Enzensberger. Toutes les puissances ont été mises au défi. Les cinq grands du Conseil de Sécurité des Nations Unies – Chine, Etats Unis, France, Grande Bretagne et Russie- ont toutes été touchées par des attentats islamistes, soit de la mouvance d’Al-Qaïda, soit de l’État islamique. La plupart des démocraties européennes y ont été confrontées, l’Allemagne, l’Espagne, les Pays Bas, le Danemark, la Belgique, la Suède. La France, après 2012, après une décennie où elle avait su s’immuniser et se protéger, a fini par être touchée à son tour, devenue plus vulnérable au virus, et par subir des attaques ignobles, L’école Ozar Hatorah, Charlie Hebdo et l’Hyper-Casher, le Bataclan et les terrasses parisiennes, la Promenade des Anglais de Nice, le marché de Noël de Strasbourg et d’autres encore. Deuxième fléau, la crispation américaine en une puissance impérialiste, identitaire et sécuritaire, cette désespérante victoire d’outre-tombe des terroristes. Un occidentalisme guerrier et vengeur a remplacé un Occident d’hégémonie commerciale et culturelle. L’occidentalisme trumpiste, cette cristallisation de toutes les idéologies du déni et du rejet : xénophobie et islamophobie délirantes, déni climatique revendiqué, masculinisme revanchard, impérialisme agressif, transhumanisme anti-humaniste – aurait été impossible sans cette impulsion initiale de la folie meurtrière. La fixation compréhensible sur le terrorisme a eu sa part dans notre échec patent à faire face au changement climatique, à affronter l’oligarchisation d’un monde toujours plus inégal. Troisième fléau, le martyre de peuples moyen-orientaux victimes simultanément des assassins islamistes, puisque 9 victimes sur 10 d’attentats islamistes vivaient dans des pays à majorité musulmane, et des représailles occidentales, car les guerres successives dans la région, au sens large – Afghanistan, Irak, Libye, Soudan, Yemen, Gaza, Liban, Iran, ont fait plus d’un million de victimes directes et plusieurs millions de victimes indirectes. La succession des hypocrisies, des promesses trahies, des espérances déçues du Printemps Arabes, des « deux poids, deux mesures ». On se retrouve aujourd’hui dans un Moyen-Orient où l’espoir est une denrée rare. Où l’espoir signifie d’abord la cessation de l’horreur : à Gaza, en Cisjordanie, au Yemen, au Liban, en Syrie, en Irak. Où l’espoir, ce n’est désormais rien de plus que le répit. L’aventurisme des combattants de la Guerre froide allié à l’effondrement moral de régimes autoritaires postcoloniaux a nourri un monstre qui s’est ensuite déchaîné sur la planète tout entière et qui a enfanté de nouveaux monstres à son tour. À l’extérieur s’est refermé sur nous tous l’engrenage des interventions extérieures. Face au scandale, une seule réponse, la force, la solution immédiate et purificatrice, susceptible de racheter des dirigeants politiques suspects de faiblesse. Et chaque aveu d’échec donne lieu à un nouveau bain de force, dans l’éternel retour du même. À l’intérieur, s’est refermé le piège de l’inimitié, l’essentialisation des identités politiques en identités ethniques, confessionnelles, culturelles. La logique du soupçon, de l’expulsion, du rejet, de la haine. L’une nourrissant forcément l’autre et vidant le terrain central. L’espace public démocratique est devenu un no man’s land hérissé de barbelés. Un cercle vicieux de déshumanisation s’est enclenché. Il est toujours en cours. Il continue à franchir des étapes dans la société française. Ce jour-là, l’Histoire a déraillé. L’événement a pris le dessus sur la structure. Il n’y a que peu d’exemples d’événements dont l’ampleur doit beaucoup à des hasards circonstanciels qui ont eu un effet démesuré. L’assassinat de César. La Saint Barthélémy. L’Incendie du Reichstag, peut-être. L’histoire-fiction est certes une rêverie sans certitude. Mais essayons un instant d’imaginer ce que serait un monde sans le 11 Septembre ? Presque certainement un monde sans Trump, très probablement un monde sans guerre en Irak. Peut-être un monde avec une paix israélo-palestinienne dans la continuité des Accords d’Oslo. Sans Trump, parce que pour en arriver à cette dérive, il a fallu la crise identitaire du Parti républicain de George Bush et du Tea Party, il a fallu le renoncement volontaire aux libertés publiques et aux contre-pouvoirs. Il a fallu le Patriot Act, Guantanamo, Abu Ghraib. Sans guerre en Irak, car la communauté internationale aurait très certainement eu plus de poids contre l’intervention unilatérale américaine et les contre-pouvoirs américains auraient pu jouer leur rôle contre les mensonges d’État qui furent proférés. Sans lois sécuritaires qui dévoient les libertés publiques et permettent ou préparent la surveillance généralisée des citoyens et leur contrôle technologique. Sans guerre en Ukraine, je le crois profondément. La tentation russe, je crois, aurait existé, mais des Occidentaux moins discrédités par leur deux poids deux mesures continuel, moins prompts à théoriser les interventions militaires, n’auraient pas laissé l’espace diplomatique dont Vladimir Poutine s’est servi pour obtenir l’assentiment tacite d’une partie du Sud Global. Et les Européens, moins captifs de la puissance américaine, auraient acquis davantage d’autonomie stratégique, davantage de marges de manœuvre pour prévenir la pression russe. Résultat, aujourd’hui, ce sont des agents immobiliers américains qui se promènent en terre conquise du Dniepr à la Neva, sans même faire le détour par Paris ou Bruxelles pour formuler une paix dans le dos du droit international. L’histoire fiction a parfois aussi une valeur heuristique, parce qu’elle nous enseigne ce qui aurait pu être et donc, dans certaines circonstances, ce qui peut encore être. Elle nous montre même où sont les poutres porteuses qui tenaient l’édifice collectif et qu’il faut aujourd’hui redresser. L’État de droit. La diplomatie. La raison. L’esprit critique. La politique. La sécurité et la justice. La liberté, l’égalité, la fraternité, l’unité et la laïcité La République, en un mot. Mais la République est ce temple dont la voûte ne tient que si chaque citoyenne, chaque citoyen en est le pilier conscient et volontaire. C’est la chance que nous offre cette élection présidentielle de 2027, ouvrir une nouvelle page collective. Dominique de Villepin ©️ The Tribute in Light 9/11 memorial with the Statue of Liberty. New York City, USA. Photo : Getty Images/Chris Martin.
Le Sommet international sur l’espace organisé aujourd’hui et demain par la France est une belle initiative. Mais il ne rencontre pas encore l’élan politique que l’enjeu aurait exigé. Après neuf ans de diplomatie d’Emmanuel Macron, l’idée s’est installée que la France parle beaucoup mais agit trop peu. Quelques jours auparavant, Donald Trump revendiquait symboliquement la Lune pour les États-Unis, tandis que son administration fixait l’objectif de plus de 1 000 lancements et rentrées spatiales par an d’ici 2030. L’espace est la dernière frontière. S’y joue déjà une part croissante de notre avenir : communications, infrastructures numériques, connaissance scientifique, énergie, sécurité et rivalité des puissances. Mais surtout, l’espace est la dernière frontière de l’universel. Depuis plus d’une décennie, une course à la conquête, à l’appropriation et à l’exploitation de l’espace et des corps célestes est engagée. Elle met à l’épreuve le traité de l’espace de 1967, l’un des grands textes universels de l’après-guerre, qui affirme que l’espace doit être librement accessible à tous et interdit toute appropriation nationale de la Lune et des autres corps célestes. Depuis une décennie, pourtant, des législations nationales, à commencer par le SPACE Act américain de 2015, ont ouvert la voie à l’appropriation privée des ressources extraites de l’espace. Les États-Unis considèrent cette exploitation compatible avec le traité ; d’autres y voient une brèche dans son principe de non-appropriation. Le « space-trumpisme » n’a fait qu’accélérer une tendance plus ancienne : faire précéder le droit par le fait accompli. L’Europe doit mener la bataille pour un espace libre. C’est une bataille vitale pour sa propre liberté et pour sa souveraineté. C’est d’abord une bataille juridique. La France doit réexaminer sa participation aux accords Artemis et, surtout, porter avec ses partenaires européens une doctrine autonome de l’espace. Les accords Artemis proclament leur fidélité au traité de 1967, mais organisent autour des États-Unis des règles nouvelles concernant l’exploitation des ressources et les zones de sécurité. La France ne peut se contenter d’adhérer à des normes élaborées ailleurs. Elle doit reprendre l’initiative multilatérale. Nous devons pour cela renforcer le Bureau des affaires spatiales des Nations unies et proposer d’en faire progressivement une véritable autorité internationale de régulation, capable d’assurer la transparence des activités, l’enregistrement, la surveillance et, demain, des formes d’inspection dans l’espace extra-atmosphérique. Aujourd’hui, l’UNOOSA demeure avant tout le secrétariat du dispositif multilatéral onusien consacré aux usages pacifiques de l’espace. C’est ensuite une bataille technologique. Depuis des années, malgré nos talents et nos acquis, l’Europe perd du terrain, en partie à cause de ses divisions. Les rivalités franco-allemandes et la fragmentation des investissements affaiblissent aujourd’hui notre capacité collective, alors même que SpaceX domine le lancement commercial et que la Chine accélère. Il est temps de redonner une impulsion politique et des moyens communs à l’Agence spatiale européenne. C’est enfin une bataille économique. Nous devons retrouver le chemin d’une coopération européenne efficace pour soutenir nos lanceurs, nos satellites, nos industriels et nos nouveaux acteurs du spatial, d’Arianespace aux entreprises qui inventent aujourd’hui le spatial européen. Car la question est désormais simple : voulons-nous que l’espace devienne le prolongement des rapports de force terrestres, ou l’un des derniers lieux où l’humanité peut encore décider d’une règle commune ? Dominique de Villepin ©️ Sophie Adenot, ici le 18 août lors d’une sortie dans l'espace - Esa/Nasa
Aujourd’hui, la transition écologique est trop souvent vécue comme un coût. Je veux en faire un atout. Pour cela, je fixerai dans la Constitution l’objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Et je créerai l’outil qui nous permettra d’avancer vers cet objectif en instaurant une taxe carbone. Mais pour être utile au pays et acceptée par les Français, cette taxe doit être juste. Les colères des Gilets jaunes et des Bonnets rouges nous ont rappelé qu’une écologie qui frappe d’abord ceux qui n’ont pas d’alternative est vouée à l’échec. Le produit de cette taxe carbone sera donc en priorité reversé aux ménages les plus modestes et à tous ceux que la transition met en difficulté, pour leur permettre de changer de véhicule, de rénover leur logement ou de réduire leur facture énergétique. Et parce que la transition ne peut être la même partout, je veux donner aux maires un budget propre de transition écologique, afin qu’ils puissent agir au plus près des besoins de leur territoire.
Le classement PISA 2026 est tombé. Et nos enfants sont au plus bas niveau en culture scientifique, mathématique et en compréhension de l'écrit. Certes, c’est un bulletin de notes. Et les parents ne vont pas être contents ! Huit ans d’effondrement du niveau scolaire des jeunes Français depuis 2018, c’est le bilan sans appel du macronisme éducatif, du « choc des savoirs » de Gabriel Attal et des réformes insuffisantes d’Édouard Philippe. Mais c’est plus encore un bulletin de santé, et les parents ont toutes les raisons d’être inquiets. Il faut aller vers ce que ne disent pas les chiffres : la perte de compréhension de l’écrit et des mathématiques qui représente l’équivalent d’un an et demi d’enseignement perdu pour chaque élève, partout dans le monde industrialisé, c’est la catastrophe de la solitude, de la machinisation et du triomphe des réseaux sociaux. C’est l’effondrement de la santé mentale des jeunes, la perte de la capacité d’attention et l’extinction du sens. C’est, à l’âge de l’IA et des inégalités, la perte de la foi dans l’ascension sociale que doit permettre l’école. C’est l’école de l'« à quoi bon ? » L’urgence n’est pas tant à la performance par les réformes techniques et les coups de menton ou de férule qui ne changent rien, elle consiste à renouer avec une école humaniste tournée vers l’instruction, l’éducation et l’élévation de l’enfant tout entier, tête, cœur et main. Une école qui rompt avec le format de la classe face au professeur, une école qui met les savoirs pratiques et populaires, les arts et les sports en harmonie avec les savoirs fondamentaux, une école qui s’ouvre sur la société pour engager une dynamique de réforme mutuelle. Voilà les pistes que je propose. Dominique de Villepin Source : OCDE (2026) | PISA. Lire la chronique : https://t.co/kHKDJWHbGq
Le « non » de Paul Celan résonne avec force dans une époque bouleversée par le retour des idéologies de haine. Né en 1920 à Czernowitz dans une famille juive de langue allemande, il perd ses parents après leur déportation et porte toute sa vie la fracture d’écrire dans la langue même des bourreaux. Son premier non s’adresse à l’oubli. Dans Fugue de mort, la formule « la mort est un maître venu d’Allemagne » sonne comme un refus de laisser la catastrophe s’effacer dans le cours apaisé du temps. Son deuxième non vise la langue innocente. Il reste dans l’allemand blessé plutôt que de le fuir, mais il le fracture, lui retire sa fluidité et son confort, refuse toute harmonie mensongère après l’extermination. Son écriture devient dense, heurtée, presque minérale, comme un langage sauvé de peu. Son troisième non touche la poésie comme consolation. Le poème n’adoucit rien, il répond aux morts et à la nuit. Sa beauté porte la marque du ravin traversé. C’est pourquoi Celan pouvait dire que le poème est une poignée de main, un geste fragile vers l’autre. En 1970, il se jette dans la Seine. Son œuvre demeure une épreuve infligée à la poésie, le rappel qu’aucun oui humain n’est possible sans ces non-là.
La victoire de l'AfD en Saxe-Anhalt est le signe que les digues sautent les unes après les autres, sous nos yeux, avec une régularité qui devrait tous nous alarmer. Remigration, suppression du droit d'asile, sortie de l'accord de Paris sur le climat, reprise assumée de slogans nazis interdits dans des discours publics, relativisation de la Shoah, ce parti puise sans honte dans l'héritage du pire pour construire son projet de division. Nous nous sommes réhabitués au pire dans l'espace public. Nous avons laissé prospérer les relais d'une internationale réactionnaire qui n'a d'autre horizon que la fracture et le rejet. La question des limites, de ce que nous acceptons collectivement d'entendre et de normaliser, se pose désormais avec une acuité nouvelle. Ce piège identitaire morcelle l'Europe comme il tente de fracturer la France. Les mains tendues du Rassemblement national vers une police des vêtements, la normalisation du racisme à toutes les échelles de la société permise par la désinhibition d’une extrême droite identitaire, la prolifération sur les plateaux de télévision d'idéologies réactionnaires et dangereuses, tout cela constitue autant de signaux qui doivent nous inquiéter profondément. Nous devons reconstruire les digues. Elles sont la seule garantie de notre capacité à vivre ensemble, la seule protection contre un piège identitaire qui menace de se refermer sur nous et d'empêcher durablement le sursaut dont la France a besoin pour survivre à elle-même. Cette montée de l'extrémisme politique, et en premier lieu d'une extrême droite que nous ne parvenons plus collectivement à contenir, est aussi le fruit de la colère, des peurs et des craintes légitimes des peuples européens, que le personnel politique n'a pas su entendre ni traiter depuis vingt ans. La confiance est rompue parce que les promesses n’ont pas été tenues. Ceux qui ont gouverné depuis 2007 sont responsables de ce qu’ils essaient désormais d’empêcher. La responsabilité de chaque responsable politique est désormais d'accepter l'état d'urgence républicaine dans lequel nous nous trouvons, et d'en tirer toutes les conséquences. Nous n'avons plus le temps de réparer la mécanique de nos partis, car c'est l'édifice républicain tout entier qui menace de s'effondrer. Le rassemblement large des humanistes, des écologistes, des républicains et des démocrates devient une nécessité. Un nouveau CNR s'impose. J'y travaille, avec toutes celles et tous ceux qui partagent la conviction que l'urgence commande l'unité, et qui acceptent, ou accepteront, de faire primer l'intérêt général sur les intérêts particuliers, qu'ils soient personnels, partisans ou financiers. Dominique de Villepin