Vingt ans ont passé depuis qu’Ilan Halimi fut arraché à la vie par la haine, parce qu’il était juif, laissant une plaie ouverte, au cœur de la République. Au-delà de l’horreur du crime, aucun citoyen ne doit jamais être visé pour ce qu’il est, pour son nom, sa foi, son histoire. Quand le ministère de l’Intérieur recense en 2025 plus de mille actes antisémites, ce ne sont pas des chiffres : ce sont des visages, des familles, des silences, des vies qui se replient. Et c’est une alarme pour la France. Cette dégradation n’est pas une fatalité : c’est un combat et un devoir qui nous obligent. À la mémoire d’Ilan, nous devons un recueillement et une fidélité. Fidélité à la dignité humaine, à la fraternité, à la vigilance qui ne cède rien aux renoncements. La haine ne gagnera pas, ni dans la rue, ni à l’école, ni sur nos écrans, ni dans nos consciences. Que son nom soit, pour chacun de nous, la promesse de ne jamais détourner le regard, de ne jamais banaliser l’inacceptable, et de faire vivre une France où l’on n’a pas à se cacher pour être soi. Dominique de Villepin