Je veux rendre hommage au sergent-chef Florian Montorio, mort pour la France et tombé en soldat de la paix, alors qu’il était engagé dans une mission de déminage dans le cadre de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL), dans ce qui semble avoir été une embuscade. Toute la lumière doit être faite sans délai. Mes pensées vont à sa famille et à ses proches, ainsi qu’à ses trois camarades grièvement blessés dans cette embuscade et à leurs familles. Mes pensées vont enfin à tous ses camarades et officiers du 17e régiment du génie parachutiste de Montauban, ainsi qu’à l’ensemble de nos soldats engagés au Liban sous le drapeau des Nations unies. Cette tragédie nous rappelle que la FINUL est l’une des opérations de paix les plus éprouvées de l’histoire des Nations unies, avec plus de trois cents morts de toutes nationalités depuis sa création en 1978. Ce nouveau deuil nous invite à nous souvenir également du sacrifice douloureux des cinquante-huit parachutistes français de la Force multinationale de sécurité à Beyrouth, dans l’attentat du Drakkar, en 1983, commis par des groupes alliés de l’Iran. Il nous invite aussi à penser aux autres contingents frappés ces derniers jours, notamment nos partenaires indonésiens, car lorsqu’un casque bleu tombe, c’est la mission tout entière qui est atteinte. Tout doit être fait pour que les parties belligérantes garantissent la sécurité des soldats en mission pour les Nations unies. Les responsabilités doivent être établies sans tarder. Les auteurs doivent être identifiés et répondre de leurs actes. La France doit, avec ses partenaires et au Conseil de sécurité, exiger le renforcement immédiat de la protection, de la liberté de mouvement et des moyens d’action de la FINUL. Seul un cessez-le-feu définitif et un processus de paix crédible conduisant à la restauration de la souveraineté libanaise et au désarmement du Hezbollah pourront créer les conditions qui permettront enfin le retour de tous les casques bleus stationnés au Liban dans leur pays. C’est à cette exigence de justice, de sécurité et de paix que la France doit aujourd’hui rester fidèle. Dominique de Villepin