Dire « non » à Donald Trump. Tout le monde en rêve, Mariann Edgar Budde l’a fait. En janvier 2025, au lendemain de l’investiture présidentielle, Donald Trump assiste à une messe en son honneur, dans la cathédrale de Washington. Mariann Edgar Budde, première femme évêque épiscopalienne de la paroisse, remplit son office. Et elle termine son sermon par un geste, une parole, rare et nécessaire. S’adressant directement au président, elle invoque la « miséricorde », ce mot ancien qui oblige à sortir du jugement pour entrer dans la responsabilité de protéger. Elle appelle à la pitié pour les migrants, pour les personnes homosexuelles et transgenres, elle appelle à la pitié pour ces gens « qui ont peur aujourd’hui » de ce que représente un mandat de Donald Trump pour eux. Le « non » de Mariann Edgar Budde, c’est un « non » de conscience, un « non » qui demande au pouvoir de faire attention à ceux qui sont les plus fragiles, les plus vulnérables, à ceux que l’on efface trop vite. Le pouvoir n’est légitime que s’il protège les plus fragiles, et le geste de cette Eveque, que Donald Trump qualifiera plus tard de « méchante », parce que la parole juste est insupportable à ceux qui veulent écraser, restera comme un rappel indispensable. En disant simplement « Regardez. Écoutez. Ayez pitié », elle a rendu à la parole sa fonction la plus haute : celle de sentinelle de notre dignité collective.