geheim.land Twitter Profile Analyser
← @villepin

Dominique de Villepin

2026-05-10 22:35 original

« La colonisation, je le répète, déshumanise l’homme même le plus civilisé », écrivait Aimé Césaire dans son Discours sur le colonialisme. Aujourd’hui, vingt ans après l’instauration, en 2006, de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, sous la présidence de Jacques Chirac, dans le sillage de la loi portée par Christiane Taubira et du travail du comité présidé par Maryse Condé, cette journée nous oblige à la même exigence de rassemblement. Se souvenir de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, c’est offrir à la France la possibilité d’aller jusqu’au bout d’elle-même, dans l’exigence et la cohérence : jusqu’au bout de son idéal de liberté, d’égalité et de fraternité. Il y a vingt-cinq ans, la loi Taubira reconnaissait la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité. Depuis, un chemin a été ouvert : celui de la connaissance, de la transmission, de la dignité rendue à celles et ceux que l’histoire avait voulu réduire au silence. Je veux saluer le travail de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, qui rappelle que cette histoire n’est pas seulement celle de la souffrance, mais aussi celle des résistances, des abolitions, des cultures, des héritages et de l’émancipation. Une République forte ne craint pas ses mémoires. Elle les rassemble. Elle les écoute. Elle les transmet. Car un peuple qui regarde son histoire en face, loin d’être affaibli, est un peuple qui se donne les moyens d’être plus juste, plus lucide, plus fraternel. Dominique de Villepin ©️10 mai 2006 | Patrick Kovarik / AFP