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Dominique de Villepin

2026-05-31 20:14 original

Alfred Hitchcock. Un œil, une pensée en mouvements. Un cinéaste qui savait dire la vie. En 1958, il réalise Vertigo. D'abord accueilli froidement, ce film deviendra l'un des plus admirés de l'histoire du cinéma. À travers l'histoire de Scottie Ferguson, policier hanté par le vertige et l'obsession, Hitchcock invente une méditation implacable sur le désir, l'image et la perte. Une spirale : celle d'un homme qui préfère son rêve à la femme vivante qui se tient devant lui. Ce film, qui nous bouleverse encore aujourd'hui, est un film qui dit non à l'amour de possession. Non à la toute-puissance du regard. Plus il regarde, moins il voit. Non, enfin, au fantasme de recommencement. Par sa forme, par ses choix d'artiste, Hitchcock fait du style lui-même une expérience morale. Vertigo nous avertit que le regard peut être une violence lorsqu'il veut imposer à l'autre la forme de son manque. Il nous rappelle qu'un homme ne se sauve jamais en voulant refaire le monde à l'image de sa blessure, et que laisser le désir transformer l'autre en fiction, c'est détruire la vérité même de la rencontre.