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Dominique de Villepin

2026-08-05 19:09 original

Cet été, je vous fais découvrir ma playlist. Un morceau y revient sans cesse : Zombie, de Fela Kuti. En 1976, en pleine dictature militaire au Nigeria, l’inventeur de l’afrobeat ose l’impensable : comparer les soldats de la junte à des morts-vivants, à des automates qui marchent, tirent et tuent sans jamais penser. En réponse, un millier de soldats attaquent sa maison et brûlent son studio. Sa mère est jetée d’une fenêtre et meurt de ses blessures. Fela Kuti aurait pu se taire, s’exiler, renoncer. Il continue à chanter, parce que, si l’on peut brûler une maison, on ne brûle pas une chanson. Les grands crimes de l’histoire ont eu besoin de zombies. Fela Kuti leur oppose le plus haut des courages : le pouvoir de dire non. Non à l’ordre injuste, non à la force sans droit, non à la fatalité. Alors écoutez Zombie. C’est la démonstration, en douze minutes de cuivres flamboyants, que la joie elle-même peut être une forme de résistance.