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Dominique de Villepin

2026-10-06 14:40 reply

Chère Françoise Degois, Vous rappelez que j’étais Premier ministre lors des émeutes de 2005 et de la crise du CPE. Je ne me dérobe pas à ces responsabilités. Mais les rappeler ne dispense pas de distinguer les manifestants pacifiques des casseurs. En 2005, l’état d’urgence a été décrété le 8 novembre, après des émeutes commencées le 27 octobre, des tirs visant les forces de l’ordre et des milliers de véhicules incendiés. En 2006, j’ai porté le CPE, une réforme contestée, et j’en ai assumé le coût politique. Lors des manifestations, le gouvernement avait donné des consignes de discernement : permettre aux cortèges de défiler pacifiquement et interpeller les casseurs, avec un dispositif policier discret et des protections en périphérie. C’est cette distinction que je défends aujourd’hui : ne pas confondre les lycéens qui se mobilisent avec les casseurs. Au bilan arrêté au 5 octobre, les autorités faisaient état de 715 policiers et gendarmes blessés ; le ministre de l’Éducation nationale dénombrait 190 élèves blessés. Ces chiffres ne justifient pas l’amalgame : ils rendent d’autant plus nécessaire de protéger le droit de manifester et de distinguer les responsabilités. Depuis la mort de Rémi Fraisse en 2014, je m’interroge sur l’évolution et le durcissement des pratiques de maintien de l’ordre, au regard des morts survenues lors d’opérations et des nombreuses blessures graves, notamment pendant le mouvement des Gilets jaunes. C’est aussi cette évolution que je souhaite interroger à la lumière de mon expérience. Si vous me reprochez d’avoir tiré les leçons de cette expérience, j’accepte volontiers le grief. Les responsabilités que vous rappelez sont précisément ce qui m’oblige à le faire. Dominique de Villepin

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