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Dominique de Villepin

2026-10-26 10:25 original

La victoire de Lula aux élections présidentielles brésiliennes est un signal d’espoir majeur. Les démocrates ont remporté la première manche d’un grand référendum global sur la démocratie. Ce n’est qu’un début et il y en aura d’autres. Demain l’élection législative israélienne, où la défaite de Benjamin Netanyahou serait une nouvelle étape franchie pour libérer les peuples démocratiques de la tentation de la force, de la surenchère et de l’identitarisme étroit. La semaine prochaine, les Midterms aux Etats Unis seront l’occasion de freiner la course folle à la toute-puissance de Donald Trump. Nous serons, en France, en avril et mai prochain, le tour décisif de cette élection mondiale. Notre décision pèsera dans l’avenir de la liberté. Nous devons offrir une alternative, montrer que la démocratie libérale peut encore se ressaisir avant qu’il ne soit trop tard. De notre vote dépendra en effet pour une part la décision de l’Italie et de la Pologne, toutes deux déjà sous le charme des apprentis-sorciers identitaires. L’élection de Lula est une bonne nouvelle pour trois autres raisons en réalité. C’est une bonne nouvelle pour le Brésil, parce que cela enraye, au moins provisoirement, la mécanique de guerre civile dans un pays très divisé, marqué par la mémoire de la dictature et les conflits sociaux. C’est une bonne nouvelle géopolitique, pour le continent américain, car le Brésil était la dernière pièce du puzzle ultranationaliste que veut composer Donald Trump. Le Venezuela est tombé de force, Cuba est en état de siège politique, la Colombie, le Chili, l’Argentine ont basculé à l’extrême-droite par les urnes. Seul le Brésil résiste encore. C’est une bonne nouvelle pour la planète, car l’alternative présentée aux électeurs brésiliens mettait bel et bien en danger le poumon amazonien, avec les partisans de la prédation des ressources et de la déforestation illimitée prêts à sauter sur l’occasion. Maintenant, ne nous réjouissons pas trop vite. C’est une victoire étroite, assombrie par la majorité d’extrême droite et de droite dans les deux chambres brésiliennes, et le risque de tensions post-électorales tant que Flavio Bolsonaro n’aura pas reconnu sa défaite. Le droit doit prévaloir, comme les procédures de vérification indispensables à toute démocratie. C’est la condition de l’exemplarité. On ne peut donner le sentiment de forcer le destin sans prendre le risque d’attiser la guerre civile larvée qu’il s’agit justement de remettre sous contrôle. Dominique de Villepin

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