geheim.land Recherche Politique
18 décembre 2003 · Parlement européen · hémicycle Séance
- Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, des rues inondées, des maisons envahies par les boues, des réseaux détériorés, des populations désespérées: est-ce que nous sommes voués à nous habituer à ces images de catastrophes qui se renouvellent malheureusement chaque année? Nous sommes interpellés par la gravité de ces inondations, malheureusement répétitives. Je voudrais ici redire à toutes les victimes notre profonde sympathie, mais aussi adresser notre reconnaissance aux services de sécurité civile et aux bénévoles, qui ont fait preuve d’un dévouement extraordinaire. On ne peut que se féliciter de la bonne coordination des services de secours et de l’entraide européenne, qui a pu véritablement jouer. Notre Parlement, d’ailleurs, a été très actif dans ce domaine pour demander à ce que cette entraide puisse se mettre en place. Une fois de plus, dans notre hémicycle, nous devons intervenir sur ces catastrophes naturelles dont, pourtant, les conséquences pourraient être mieux maîtrisées. Assainir temporairement, rétablir immédiatement les réseaux, reloger provisoirement, tout cela n’est que de la réparation. Or, on sait que la réparation coûte beaucoup plus cher que la prévention. La prévention exige du courage politique et passe par la maîtrise de l’urbanisme et un aménagement cohérent des territoires. Prévenir coûte moins cher que réparer, mais encore faut-il pouvoir exiger des moyens. Certes, au niveau européen - Monsieur le Commissaire, vous nous l’avez rappelé -, le recours aux fonds structurels est une des bonnes solutions pour reconstruire des digues, les renforcer, entretenir tout simplement les cours d’eau, faire des bassins de rétention. Cette politique des fonds structurels a cependant deux limites. La première réside dans le fait que les fonds structurels répondent actuellement à la règle des zonages et ne placent donc pas toutes les victimes sur un pied d’égalité. La deuxième est que le montant de ces fonds n’est parfois pas suffisant. J’en veux pour preuve ma propre région, la région Rhône-Alpes, qui malheureusement n’est pas citée aujourd’hui, alors qu’elle a été durement touchée en même temps que la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et le Languedoc-Roussillon. Elle a été sinistrée dernièrement, mais ne pourra plus disposer pour la période 2003-2006 de fonds structurels: tout a été dépensé. Je m’adresse à cette occasion à mes collègues parlementaires qui sont parfois tentés de supprimer ou de diminuer le budget de la politique régionale. Je leur dis: attention, ne vous trompez pas! Ces financements sont ceux qui touchent au plus près nos concitoyens, ce sont ceux qui traduisent la solidarité européenne, fondement de l’Union. Nous devons tous soutenir le commissaire Barnier dans sa proposition de refonte des fonds structurels. Monsieur le Commissaire, vous nous en avez parlé vous-mêmes. Ces fonds ne devraient plus à l’avenir respecter les zonages, mais correspondre à des objectifs précis, dont l’un concernerait l’environnement et la prévention des risques. Nous avons besoin, face aux évolutions de notre planète, d’un courage collectif pour répondre à ces défis écologiques. J’espère que la Commission dans son ensemble suivra les propositions du commissaire Barnier et que notre Parlement saura voter le budget nécessaire aux fonds structurels. En attendant, il faut réparer en pensant aux familles meurtries. L’Europe avait déjà créé un Fonds de solidarité pour les régions et États en situation de catastrophe naturelle. Elle doit aussi mettre en commun les technologies de prévention, en se basant sur des expériences réussies, comme aux Pays-Bas, et en mettant en place des coopérations transfrontalières. Je souhaite, Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, que nous n’ayons plus à l’avenir des débats concernant ces catastrophes naturelles.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-5-2003-12-18_FR.html
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé

Dans la séance, autour de cette prise de parole

(La prise de parole ci-dessus)
- Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, ma collègue vient de dire qu’elle souhaite effectivement qu’à l’avenir nous n’ayons pas à ajouter nos larmes à ces eaux qui dévastent régulièrement nos régions. Je suis malheureusement beaucoup moins optimiste qu’elle. Beaucoup moins optimiste, parce que je sais... Lire ▸
- Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, je tiens à rendre hommage aux victimes, à leur famille, à ceux qui ont tout perdu, ainsi qu’au travail extraordinaire effectué dans les opérations de sauvetage par des femmes et des hommes qui sont employés municipaux, sapeurs-pompiers, gendarmes, policiers,... Lire ▸
- Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, ma région, le Languedoc-Roussillon, la Provence, tout le sud de la France, est à nouveau sinistrée par les inondations. Certes, nous avons bénéficié de la solidarité des pompiers allemands et italiens, mais la réalité, à l’instant où je vous parle, là, maintenant... Lire ▸