geheim.land Recherche Politique
18 décembre 2003 · Parlement européen · hémicycle Séance
- Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, ma collègue vient de dire qu’elle souhaite effectivement qu’à l’avenir nous n’ayons pas à ajouter nos larmes à ces eaux qui dévastent régulièrement nos régions. Je suis malheureusement beaucoup moins optimiste qu’elle. Beaucoup moins optimiste, parce que je sais bien que c’était un souhait que vous faisiez, Madame Grossetête. Toutefois, on ne peut pas se contenter de souhaits quand on voit le changement climatique qui est en train d’avoir lieu sur notre planète. J’étais dans ma région languedocienne il y a encore quelques jours et on me disait: ce que l’on vit actuellement, on ne l’avait pas connu une fois dans le siècle. Nous l’avons maintenant connu trois fois en deux ans. On voit donc bien qu’il y a un changement de fréquence, d’amplitude et d’échelle. Je suis toujours surpris de voir les autorités, pas simplement de mon pays, ce serait trop facile, mais de tous les pays qui ont été touchés, courir un petit peu après la catastrophe. Cet été, dans les régions qui ont été touchées dans le sud-est de la France, les habitants entassaient déjà des sacs de sable. Comment se fait-il que les habitants savaient, eux, et que les autorités ont couru après la catastrophe? On voit bien qu’il y a un décalage entre ceux qui sont sur le terrain et qui subissent les destructions, et les décideurs, qui en sont visiblement encore éloignés. Le climat change, à travers canicules, tempêtes et montées soudaines des eaux. Je n’ai pas l’impression que les politiques publiques changent à la même vitesse. Je crois qu’il faudrait prendre tout un arsenal de mesures pour y faire face, notamment la fiscalité. Combien de fois, dans cet hémicycle, avons-nous dit, nous, Verts et régionalistes, qu’il fallait certainement utiliser l’arme fiscale pour changer les comportements à risques au niveau climatique? Et nous attendons toujours cette taxe sur les pollutions, cette taxe sur les rejets qui modifient l’atmosphère de notre planète et qui, finalement, sont en train de détruire des régions entières. Les aides sont en train d’évoluer. J’entends bien, Monsieur le Commissaire, qu’effectivement nous avons mis en œuvre, peu à peu, catastrophe après catastrophe, des éléments financiers pour la réparation et pour la prévention. La réparation, c’est bien, la prévention, c’est mieux, disaient mes collègues. Cependant, la prévention, et je les rejoins tout à fait sur ce point-là, n’est pas concevable sans une réforme en profondeur des fonds structurels. Tant qu’il y aura un zonage, elle sera inefficace. Comprenez bien que les tempêtes et les inondations, souvent, se moquent des zones que nous avons doctement définies loin du terrain, sur une carte, à Bruxelles ou ailleurs. Il faut donc certainement réformer ces fonds et peut-être que tous ces fonds structurels, qui n’arrivent pas à trouver d’utilisation sur le terrain, qui sont reversés dans les budgets communautaires puis nationaux, pourraient être mieux employés en prévention pour faire face à ce climat. Pour conclure, je disais que ces problèmes ont visiblement changé de fréquence et d’ampleur. Je n’ai pas l’impression que les politiques publiques européennes, même si elles sont en train de changer - j’en prends acte et je le salue -, évoluent avec la même rapidité et la même ampleur, et je le regrette.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-5-2003-12-18_FR.html
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé

Dans la séance, autour de cette prise de parole

- Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, des rues inondées, des maisons envahies par les boues, des réseaux détériorés, des populations désespérées: est-ce que nous sommes voués à nous habituer à ces images de catastrophes qui se renouvellent malheureusement chaque année? Nous sommes interpellés par la... Lire ▸
(La prise de parole ci-dessus)
- Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, je tiens à rendre hommage aux victimes, à leur famille, à ceux qui ont tout perdu, ainsi qu’au travail extraordinaire effectué dans les opérations de sauvetage par des femmes et des hommes qui sont employés municipaux, sapeurs-pompiers, gendarmes, policiers,... Lire ▸
- Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, ma région, le Languedoc-Roussillon, la Provence, tout le sud de la France, est à nouveau sinistrée par les inondations. Certes, nous avons bénéficié de la solidarité des pompiers allemands et italiens, mais la réalité, à l’instant où je vous parle, là, maintenant... Lire ▸
par écrit. - Le Sud de la France vient de subir une catastrophe naturelle sans précédent. Aujourd’hui, on commence à mesurer l’ampleur des dégâts, qui sont considérables. Sept personnes sont décédées et on compte près de 100 000 sinistrés. Des dizaines de milliers de personnes ont dû se réfugier dans des gymnases... Lire ▸