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18 décembre 2003 · Parlement européen · hémicycle Séance
- Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, je tiens à rendre hommage aux victimes, à leur famille, à ceux qui ont tout perdu, ainsi qu’au travail extraordinaire effectué dans les opérations de sauvetage par des femmes et des hommes qui sont employés municipaux, sapeurs-pompiers, gendarmes, policiers, personnel militaire et bénévoles. Le bilan provisoire de cette catastrophe est particulièrement important: trente départements touchés, dont huit de manière sévère, en particulier les Bouches-du-Rhône, le Vaucluse et le Gard. En ce qui concerne la population, sept personnes sont décédées, 32 500 ont été déplacées ou mises en sécurité. On peut s’interroger sur l’origine de ces drames et leur fréquence. Certains évoqueront le réchauffement de la terre, le choc entre les masses d’air chaud venues de la Méditerranée et les masses d’air froid stationnant chez moi, en Roussillon. Mais qu’y pouvons-nous? D’autres évoqueront la folie urbanistique de l’homme désireux de construire toujours davantage, au détriment du monde rural et de sa population vouée à l’indifférence. Toutefois, ces intempéries ont été considérées comme exceptionnelles par les prévisionnistes en raison d’une conjugaison de plusieurs facteurs: leur durée - près de quatre jours -, leur étendue géographique et leur intensité. Je tiens à souligner l’inertie administrative inadmissible des pouvoirs publics face aux révélations du rapport de novembre 2002 réalisé par le bureau d’assistance technique lyonnais. En effet, ce rapport avait établi un diagnostic complet sur les dangers du fleuve et avait recommandé une série de mesures pour restreindre les dégâts d’éventuelles inondations. Or, cette étude, qui a mobilisé de nombreuses personnes et qui a coûté 3,5 millions d’euros, est restée lettre morte et n’a pas suscité l’inquiétude des autorités concernées, tout au moins en temps voulu. Encore une fois, ces intempéries ont démontré la passivité des hommes face à des catastrophes qui ont coûté, rappelons-le, la vie à sept personnes. Il n’a été tenu aucun compte du signal fort lancé il y a plus d’un an, qui soulignait l’impérieux besoin d’un aménagement harmonieux de l’espace rural prenant en considération l’ensemble du territoire et de ses habitants. Le gouvernement français a débloqué 24 millions d’euros pour réparer les digues du delta du Rhône qui ont cédé en plusieurs points sous l’effet des crues. Or, sur le terrain, cette somme s’avère déjà insuffisante. J’espère que le Fonds de solidarité de l’Union européenne, créé à la suite des inondations dévastatrices d’août 2002, complétera, à l’échelle européenne, une indemnisation rapide et juste des victimes afin de leur permettre de reprendre une vie normale. Mais pour combien de temps? Certaines en sont à leur troisième déclaration de sinistre et à leur troisième nettoyage en quelques mois. J’accueille avec intérêt les axes définis tout à l’heure par M. le commissaire, et en particulier celui de l’utilisation des fonds structurels, mais en m’associant aux remarques de mes collègues, Mme Grossetête et M. Onesta, quant à leurs limites. Bien sûr, il faut réparer les préjudices, mais ne faut-il pas immédiatement se lancer dans des travaux lourds de prévention pour cette région méditerranéenne touchée de façon cyclique ces dernières années. Nîmes, Vaison-la-Romaine, Aramon, Lezignanais, Narbonnais, Minervois, Rennes-les-Bains, Couiza, Estagel, Saint-Laurent-de-la-Salanque, et ces jours-ci Arles, Marseille, Montpellier, des noms et des images qui parlent, drames insupportables, nombreux dégâts et pertes en vies humaines. Cela devient inadmissible à l’ère de la prévention et de la prévision satellitaires, des radars de surveillance, des services spécialisés, et par ailleurs du gigantisme de la mécanisation qui devrait permettre des réalisations sécurisantes. L’aqueduc romain d’Ansignan, près de chez moi, le pont du Gard, plus connu, et combien d’autres témoins du génie humain ont résisté à tous les assauts. Comment concevoir que les ouvrages du siècle dernier ne présentent plus un caractère de fiabilité suffisant. L’heure n’est plus, d’ailleurs, aux commentaires, mais à l’action, avec les moyens nécessaires, fussent-ils exceptionnels quant à leur importance. L’Europe solidaire ne doit plus laisser mourir ses citoyens par manque de précaution et de prévention. C’est, me semble-t-il, une priorité et une exigence.
La source — parlement_europeen
↗ https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/CRE-5-2003-12-18_FR.html
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

- Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, des rues inondées, des maisons envahies par les boues, des réseaux détériorés, des populations désespérées: est-ce que nous sommes voués à nous habituer à ces images de catastrophes qui se renouvellent malheureusement chaque année? Nous sommes interpellés par la... Lire ▸
- Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, ma collègue vient de dire qu’elle souhaite effectivement qu’à l’avenir nous n’ayons pas à ajouter nos larmes à ces eaux qui dévastent régulièrement nos régions. Je suis malheureusement beaucoup moins optimiste qu’elle. Beaucoup moins optimiste, parce que je sais... Lire ▸
(La prise de parole ci-dessus)
- Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, ma région, le Languedoc-Roussillon, la Provence, tout le sud de la France, est à nouveau sinistrée par les inondations. Certes, nous avons bénéficié de la solidarité des pompiers allemands et italiens, mais la réalité, à l’instant où je vous parle, là, maintenant... Lire ▸
par écrit. - Le Sud de la France vient de subir une catastrophe naturelle sans précédent. Aujourd’hui, on commence à mesurer l’ampleur des dégâts, qui sont considérables. Sept personnes sont décédées et on compte près de 100 000 sinistrés. Des dizaines de milliers de personnes ont dû se réfugier dans des gymnases... Lire ▸
par écrit. - De dramatiques inondations ont une nouvelle fois durement frappé ma région, Provence-Alpes-Côte d’Azur, et le Languedoc-Roussillon. Je veux d’abord témoigner toute ma sympathie aux victimes de ces catastrophes. Si le gouvernement français a pris les mesures d’urgence nécessaires en décrétant l’état de... Lire ▸