Dominique Libault
S'agissant de votre première question, je suis sûr que la réflexion des juridictions intègre une distinction très nette entre les systèmes régis par un monopole comme l'AGIRC-ARRCO et ceux qui sont soumis à la concurrence. Les pouvoirs publics ont le choix d'opter ou non pour un système concurrentiel comme c'est le cas actuellement pour l'assurance complémentaire santé où il existe plusieurs familles. Il est toujours possible de revenir à un système obligatoire. Rappelons que les prélèvements sont obligatoires dans le système AGIRC-ARRCO. Si nous devions aller vers un système AGIRC-ARRCO dans le secteur de la santé, cela aurait des conséquences lourdes sur toute une construction économique et ses acteurs : les sociétés d'assurances, la mutualité, les institutions de prévoyance. Dans ce cas-là, d'aucuns préconiseront de passer directement à un régime unique, et de ne pas construire deux étages obligatoires comme pour les retraites. Didier Tabuteau serait sans doute de ceux-là, et il vous dirait : simplifions et faisons directement un système unique plutôt qu'une assurance de base et une complémentaire en santé.
Je me contente de vous livrer ces réflexions. Quant à mon rapport, il s'inscrit dans un contexte juridique donné : peut-on faire de la solidarité dans un univers en concurrence ? Je réponds que l'on peut en tout cas améliorer les choses dans une certaine mesure, et que l'État n'est pas complètement dénué de possibilités s'il objective ce qu'il attend en termes de solidarité dans cet univers en concurrence. À un moment donné, il peut tout à fait changer les règles du jeu.
La source —
nosdeputes
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Même si la troisième partie de votre exposé contredit un peu la première, vous semblez plaider pour une extension de la gestion solidaire, à condition de mobiliser les acteurs sociaux. Reprenons votre raisonnement et appliquons-le à l'assurance chômage et à son rôle d'amortisseur des cycles économiques : 1,5...
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Dans votre rapport, vous avez formulé des propositions concrètes à même de maintenir, voire de renforcer, la solidarité professionnelle en matière de couverture collective. L'une de vos préconisations a retenu mon attention, celle qui propose de créer le concept de convention collective de sécurité sociale dont...
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Dominique Libault
S'agissant de la première question, je crois que nous partageons un peu le même constat, à savoir que la solidarité nationale est extrêmement importante et positive. Pour autant, nous devons absolument veiller à laisser des espaces de responsabilité aux partenaires sociaux dans la gestion du système de protection...
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Pour ma part, je suis assez troublé par les raisonnements des différentes juridictions. Dans cette logique, il faudrait mettre aussi en concurrence l'AGIRC-ARRCO, les crèches associatives, les centres sociaux, etc. Dans le domaine de la protection sociale, cela m'inspire quelques questions. Serait-il envisageable...
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Dominique Libault
(La prise de parole ci-dessus)
Si une branche professionnelle signe une convention collective prévoyant un niveau élevé de solidarité, elle peut choisir un opérateur unique. C'est bien ce que vous dites ?
Dominique Libault
Jusqu'à présent, les décisions du Conseil constitutionnel ont été prises en matière de santé et non de prévoyance lourde. Cependant, comme l'article censuré organise les deux domaines, l'organisation en matière de prévoyance a été également implicitement censurée. Dans le domaine de la santé, le Conseil...
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C'est précisément cela le paritarisme !
Dominique Libault
C'est le paritarisme de gestion. Dans un univers en concurrence, le Conseil constitutionnel considère que le paritarisme de négociation ne doit pas conduire à confier automatiquement le système mis en place à un assureur unique géré par les négociateurs. Dans un système obligatoire régi par le code de la sécurité...
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