Dominique Libault
Jusqu'à présent, les décisions du Conseil constitutionnel ont été prises en matière de santé et non de prévoyance lourde. Cependant, comme l'article censuré organise les deux domaines, l'organisation en matière de prévoyance a été également implicitement censurée. Dans le domaine de la santé, le Conseil constitutionnel constate que le niveau de solidarité n'est pas assez élevé pour justifier les atteintes aux principes de la liberté d'entreprise et de la liberté contractuelle que représente le choix d'un assureur unique au niveau de la branche. J'en déduis que si l'on reconstruit un système avec un haut degré de solidarité, notamment en matière de prévoyance, il y a moyen de convaincre le Conseil constitutionnel que les éventuelles atteintes à la concurrence sont justifiées, que le système n'est pas aberrant.
Dans mon rapport, je donne une autre piste qui a été évoquée par le Conseil constitutionnel et par l'Autorité de la concurrence : la co-désignation, la co-assurance. D'une certaine manière, c'est la possibilité de faire à la fois du paritarisme de négociation et du paritarisme de gestion. Le Conseil constitutionnel n'est pas contre le paritarisme de négociation et la possibilité pour une branche de déterminer un système. En revanche, il considère que la branche n'a pas le droit de choisir un assureur unique qui, de surcroît, est souvent une institution de prévoyance gérée par les mêmes partenaires sociaux que ceux qui viennent de négocier.
La source —
nosdeputes
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
Dominique Libault
S'agissant de la première question, je crois que nous partageons un peu le même constat, à savoir que la solidarité nationale est extrêmement importante et positive. Pour autant, nous devons absolument veiller à laisser des espaces de responsabilité aux partenaires sociaux dans la gestion du système de protection...
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Pour ma part, je suis assez troublé par les raisonnements des différentes juridictions. Dans cette logique, il faudrait mettre aussi en concurrence l'AGIRC-ARRCO, les crèches associatives, les centres sociaux, etc. Dans le domaine de la protection sociale, cela m'inspire quelques questions. Serait-il envisageable...
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Dominique Libault
S'agissant de votre première question, je suis sûr que la réflexion des juridictions intègre une distinction très nette entre les systèmes régis par un monopole comme l'AGIRC-ARRCO et ceux qui sont soumis à la concurrence. Les pouvoirs publics ont le choix d'opter ou non pour un système concurrentiel comme c'est le...
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Si une branche professionnelle signe une convention collective prévoyant un niveau élevé de solidarité, elle peut choisir un opérateur unique. C'est bien ce que vous dites ?
Dominique Libault
(La prise de parole ci-dessus)
C'est précisément cela le paritarisme !
Dominique Libault
C'est le paritarisme de gestion. Dans un univers en concurrence, le Conseil constitutionnel considère que le paritarisme de négociation ne doit pas conduire à confier automatiquement le système mis en place à un assureur unique géré par les négociateurs. Dans un système obligatoire régi par le code de la sécurité...
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De mon point de vue, cela revient à imposer la concurrence à des systèmes tels que l'AGIRC-ARRCO ou même l'Union nationale interprofessionnelle pour l'emploi dans l'industrie et le commerce (Unédic). Je trouve incohérent de distinguer la production de normes de la gestion. Si l'on admet l'AGIRC-ARRCO et l'Unédic,...
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Dominique Libault
Si je puis me permettre, il faut distinguer le système obligatoire et le monopole de la gestion assurantielle. Il existe d'autres systèmes obligatoires en France : le propriétaire d'une habitation ou d'un véhicule a une obligation d'assurance mais celle-ci peut être obtenue auprès d'une diversité d'assureurs. En...
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