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7 janvier 2026 · Sénat · hémicycle Séance
Monsieur le Premier ministre, peut-on rester faibles face à la brutalité et à la loi du plus fort ? Peut-on se taire quand le droit international est piétiné ? Peut-on détourner le regard face au pillage auquel se livrent des empires prédateurs ? Aujourd’hui, la France et une majorité de pays européens ont baissé les yeux ; baissé les yeux par lâcheté, comme on baisse les yeux face au petit caïd qui humilie et terrorise. Un seul dirigeant européen, le Premier ministre espagnol, a osé rappeler l’essentiel : la justice et le droit. Après Gaza, après le Liban, après l’Iran, dans quelle dystopie sommes-nous entrés pour que la défense la plus élémentaire du droit international devienne l’exception ? Donald Trump a violé la souveraineté du Venezuela pour s’emparer de son pétrole. Il menace désormais d’annexer le Groenland, territoire européen, territoire de l’Otan. Dans de telles circonstances, notre silence a valeur d’autorisation. Monsieur le Premier ministre, deux choix s’offrent à nous : soit nous affirmons collectivement notre force, soit nous disparaîtrons. Renforcer nos armées nationales ne suffira pas. Il faut une réponse européenne. Nous devons apporter une réponse militaire coordonnée, en renforçant le pilier européen de l’Otan et en soutenant l’Ukraine, notamment via la mobilisation des avoirs russes ; une réponse politique, en accélérant notre intégration continentale et en tenant le prochain Conseil européen à Nuuk, au Groenland, pour dire clairement que ce territoire n’est pas négociable ; et une réponse diplomatique, en bâtissant un nouveau multilatéralisme, un nouveau Bandung, avec les pays du Sud qui refusent l’ordre impérial et la loi du plus fort. Nous devons également apporter une réponse économique indispensable à notre souveraineté – souveraineté énergétique, par les renouvelables, car nous ne devons plus dépendre des hydrocarbures de Trump et de Poutine, mais aussi souveraineté numérique, en bannissant du continent les plateformes qui propagent la haine et la désinformation au service des puissants. Monsieur le Premier ministre, la France et l’Europe en ont les moyens et le devoir. Agissez. (Applaudissements sur les travées du groupe GEST, ainsi que sur des travées des groupes SER et RDSE.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement. Madame la sénatrice Marie-Lise Housseau, je vous prie tout d’abord de bien vouloir excuser ma collègue Annie Genevard, aujourd’hui à Bruxelles pour une réunion des ministres de l’agriculture de l’Union européenne. Mme Genevard doit... Lire ▸
La parole est à Mme Marie-Lise Housseau, pour la réplique.
Madame la ministre, je vous remercie de ces réponses, bien qu’elles soient tout de même assez incomplètes. Nos agriculteurs le savent pertinemment : si rien n’est fait, leur disparition est inéluctable. (M. Michel Masset le confirme.) Ils n’ont plus rien à perdre et ne vont pas s’arrêter : je vous en conjure,... Lire ▸
La parole est à M. Guillaume Gontard, pour le groupe Écologiste – Solidarité et Territoires. (Applaudissements sur les travées du groupe GEST.)
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à M. le Premier ministre.
Premier ministre. Monsieur le président Gontard, je ne répéterai pas ce que j’ai dit en réponse à la présidente Cukierman. Je vais tenter d’aller un peu plus loin encore, nourrissant ainsi peut-être dès à présent le débat que vos groupes politiques respectifs ont réclamé en application de l’article 50-1 de la... Lire ▸
Et culturel !
Premier ministre. … car, nous le savons clairement désormais, l’énergie est l’un des éléments de notre souveraineté future – nous devons éviter toute dépendance à cet égard –, et, effectivement, un combat culturel. Nous le voyons au travers des questions numériques et, plus largement, intellectuelles : un nouveau... Lire ▸