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7 janvier 2026 · Sénat · hémicycle Séance
Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, la situation des accompagnantes et accompagnants d’élèves en situation de handicap dans notre pays n’est pas simplement préoccupante : elle est indigne à bien des égards, et je pèse mes mots ! Elle est indigne d’un pays qui promeut l’égalité des chances, d’un pays qui érige l’école inclusive en principe fondamental. Car, sans les AESH, l’école inclusive n’existe pas. Sans elles – je dis « elles », parce que plus de 90 % des AESH sont des « accompagnantes » d’enfants en situation de handicap –, des centaines de milliers d’enfants ne pourraient simplement pas aller à l’école, apprendre, progresser et trouver leur place dans notre société. Les AESH agissent au cœur d’une communauté éducative engagée : enseignants, équipes pédagogiques, personnels médico-sociaux, réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased), psychologues scolaires. Toutes et tous jouent un rôle essentiel dans l’inclusion des élèves. Mais sans accompagnement humain, stable et reconnu, leur action est entravée, voire rendue impossible. Nous parlons ici de l’essentiel. Alors que les AESH sont aujourd’hui le deuxième corps de métier de l’éducation nationale, elles occupent la triste première place en matière de précarité. Cette précarité n’est ni accidentelle ni transitoire, mais organisée et politique. On parle là de contrats courts et de temps incomplets imposés, d’une rémunération qui demeure, en 2025, sous le seuil de pauvreté, de femmes contraintes de cumuler plusieurs emplois, de multiplier les déplacements entre établissements et de vivre dans l’incertitude permanente. Comment accepter que l’un des piliers de l’école inclusive soit maintenu dans une telle fragilité sociale ? À la rentrée 2025, des dizaines de milliers d’enfants restaient privés de l’accompagnement humain auquel ils ont droit, non par manque de volonté des familles ou par absence de besoins identifiés, mais parce que le statut actuel des AESH est devenu si peu attractif que le système lui-même se fissure. Les conséquences sont connues et documentées. Depuis plusieurs années, les écologistes alertent sur cette situation. De budget en budget, nous demandons une reconnaissance durable des AESH, à la hauteur de ce qu’elles donnent à la société. La proposition de loi que nous examinons aujourd’hui apporte une réponse claire, structurante et attendue : la création d’un véritable corps de la fonction publique pour les AESH. J’en profite pour remercier notre collègue Marie-Pierre Monier de la qualité de son travail. Titulariser, c’est reconnaître la pérennité des besoins ; c’est garantir la stabilité de l’emploi, une rémunération décente, un temps de travail reconnu comme un temps plein et une formation digne de ce nom. Nous saluons l’ambition qui sous-tend ce texte. Ainsi, ce dernier renforce également les droits des élèves sourds et malentendants, en consacrant le libre choix des modes de communication, notamment par la reconnaissance de la langue française parlée complétée. Dans la perspective de ces débats, nous avons déposé plusieurs amendements pour attirer votre attention sur une réalité trop souvent oubliée, celle des Françaises et des Français de l’étranger. Malheureusement, tous ont été déclarés irrecevables, ce qui conforte notre hypothèse d’un désintérêt pour nos compatriotes établis hors de France. Pourtant, dans les établissements du réseau d’enseignement français à l’étranger, l’accompagnement des élèves en situation de handicap repose largement sur l’engagement d’AESH dont les statuts sont précaires et les rémunérations fluctuantes. Les familles comme les AESH sont confrontées à l’absence d’un cadre clair et harmonisé, à des contrats de travail parfois inexistants et à des restes à charge importants, voire à l’impossibilité d’un accès à un accompagnement humain, pourtant indispensable. C’est pourquoi nous demandions, au travers de ces amendements, que soit pleinement reconnue la place des AESH dans le réseau d’enseignement français à l’étranger et que soit garanti aux élèves français en situation de handicap, où qu’ils résident, un accompagnement humain effectif et équitable. Vous l’aurez compris, mes chers collègues, les membres du groupe Écologiste – Solidarité et Territoires voteront évidemment en faveur de ce texte. (Applaudissements sur les travées des groupes GEST, SER et CRCE-K. – Mme la rapporteure applaudit également.)
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Dans la séance, autour de cette prise de parole

rapporteure. Bravo !
La parole est à Mme Evelyne Corbière Naminzo.
Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, en vingt ans, le nombre d’élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire a triplé. Cette avancée majeure pour notre école a été rendue possible par l’engagement quotidien des accompagnants d’élèves en situation de handicap, les AESH.... Lire ▸
La parole est à Mme Mélanie Vogel. (Applaudissements sur les travées du groupe GEST. – Mmes Colombe Brossel et Karine Daniel applaudissent également.)
(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à M. Ahmed Laouedj.
Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, depuis vingt ans, notre pays fait le choix de l’école inclusive. Ce choix, inscrit dans la loi, est aujourd’hui largement partagé. Les chiffres sont connus : plus de 500 000 élèves en situation de handicap sont scolarisés en milieu ordinaire, soit... Lire ▸
La parole est à Mme Annick Billon.
Monsieur le président, monsieur le ministre, monsieur le président de la commission, cher Laurent Lafon, madame la rapporteure, chère Marie-Pierre Monier, mes chers collègues, l’école inclusive a ouvert ses portes il y a vingt ans avec une ambition forte : permettre à chaque élève de trouver sa place sur les bancs... Lire ▸