Madame la présidente, les Papeteries de Condat au Lardin-Saint-Lazare, c’est, en Dordogne, plus d’un siècle d’histoire industrielle de savoir-faire du papier couché double face.
Cette entreprise, détenue aujourd’hui par le groupe Lecta et qui a compté jusqu’à 1 200 salariés, a rencontré des difficultés liées à la baisse de la demande en papier couché. Pour y faire face, elle a été aidée financièrement, ces dernières années, par la région Nouvelle-Aquitaine et par l’État, à une hauteur totale de plus de 33 millions d’euros, dont une aide importante de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) pour sa chaudière biomasse.
En 2023, le groupe annonce la fermeture d’une de ses deux lignes de production. Les 420 salariés alors dans l’usine apprennent la suppression de 174 emplois, auxquels il convient d’ajouter celle d’environ 1 500 emplois induits sur le territoire.
L’intention de Lecta de transférer cette ligne sur son site de Garda en Italie est apparue très clairement : en 2023, le groupe a produit 45 000 tonnes de papier fabriqué essentiellement sur les sites espagnol et italien, et seulement 9 700 tonnes à Condat.
La production de la seconde ligne, spécialisée dans la glassine, un papier utilisé notamment pour les étiquettes, est annoncée, pour 2025, à environ 80 000 tonnes, alors que l’équilibre financier nécessiterait d’atteindre 140 000 tonnes.
Pis, le prix de vente de la glassine produite à Condat, vendue à 1 400 euros la tonne, alors que celle-ci est en moyenne, sur le marché, de l’ordre de 1 800 euros, interroge bien évidemment la viabilité économique du site.
En 2023, le ministre de l’industrie Roland Lescure est venu en Dordogne à la rencontre des élus et des personnels, afin de mettre en place le dispositif « Rebond industriel ».
À ce jour, malgré ce dispositif, 58 salariés sur 105 sont au chômage, et les 197 encore en poste s’inquiètent légitimement de leur avenir face à une activité en dents de scie, marquée par des arrêts fréquents et une stratégie industrielle peu lisible.
À l’heure où la volonté affichée de l’État est de reconquérir notre souveraineté industrielle, le nouveau ministre de l’industrie, M. Ferracci, entend-il prendre le relais de ce dossier en s’engageant à venir sur place pour rencontrer les élus, les salariés et les acteurs économiques locaux, comme l’a fait d’ailleurs son prédécesseur ?
Il est de notre responsabilité collective d’agir pour redonner un avenir à ce site et, surtout, à ce bassin d’emplois en Dordogne.
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