Madame la ministre, je souhaite attirer votre attention sur les conditions de mise en œuvre de la réforme du revenu de solidarité active (RSA) dans le département du Nord.
Le 29 juin dernier, une enquête réalisée par ICI Nord a donné la parole à des professionnels de l’insertion, des travailleurs sociaux, des agents de France Travail, des organisations syndicales et des associations : tous alertent sur les conséquences de certaines pratiques de contrôle et de sanction, ainsi que sur les moyens consacrés à l’accompagnement des bénéficiaires, qui suscitent de profondes inquiétudes. Ils s’interrogent également sur le recours éventuel à des traitements automatisés.
Personne ne conteste que le bénéfice du RSA s’accompagne de droits et de devoirs. En revanche, les obligations ne peuvent conduire à fragiliser davantage les personnes qui connaissent déjà des difficultés sociales, familiales ou de santé. Or les témoignages recueillis font état de sanctions prononcées sans que les situations individuelles soient pleinement prises en compte. Ils décrivent des ruptures de parcours, des personnes qui renoncent à leur accompagnement et, parfois, des familles privées de leurs seules ressources.
Un exemple rapporté dans l’enquête est particulièrement frappant : une mère élevant seule ses enfants, dont l’un souffre de problèmes de santé, a vu son RSA suspendu pendant un mois pour un rendez-vous non honoré, alors même qu’elle avait produit un certificat médical. Cette famille s’est retrouvée sans ressources. Une telle situation ne peut que nous interroger sur les modalités d’application de la réforme.
Les professionnels de terrain s’interrogent également sur le recours à des traitements automatisés dans les procédures de sanction. Si de tels outils concourent à la prise de décision, ils ne sauraient en aucun cas se substituer à l’appréciation humaine ! Une sanction ne peut être le résultat d’un automatisme ; elle doit reposer sur un examen individualisé de chaque situation.
Si les départements assurent la mise en œuvre opérationnelle du RSA, il appartient à l’État de garantir que les dispositions issues de la réforme soient appliquées de manière homogène sur l’ensemble du territoire, dans le respect des droits des allocataires et avec les moyens humains et financiers nécessaires à un accompagnement de qualité.
Madame la ministre, le Gouvernement entend-il évaluer les conditions d’application de la réforme du RSA, notamment en ce qui concerne les procédures de sanction et le recours éventuel à des traitements automatisés ?
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Dans la séance, autour de cette prise de parole
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(La prise de parole ci-dessus)
La parole est à Mme la ministre déléguée.
Sabrina ROUBACHE
ministre déléguée auprès du ministre du travail et des solidarités et du ministre de l’éducation nationale, chargée de l’enseignement et de la formation professionnels et de l’apprentissage. Madame la sénatrice Gréaume, je vous réponds en lieu et place du ministre Jean-Pierre Farandou.
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