La France est vice-championne du monde du versement de dividendes ! 60 milliards d’euros au seul deuxième trimestre 2026. 100 milliards d’euros versés aux actionnaires l’année dernière. Le capital est rémunéré, pendant que les salariés peinent à vivre de leur travail. Nous devons retrouver un équilibre. Je propose que, pour 2 € de dividendes versés aux actionnaires, 1 € soit versé aux salariés. En 2025, cela aurait représenté 1 500 € par salarié et par an. Entretien du 05.11.26 sur @LCI
Dominique de Villepin
Ancien Premier ministre de la République française
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La République est une et indivisible. Distinguer les Français selon leur couleur de peau ou leur religion, c’est entrer dans une logique de séparatisme, d’assignation et de repli identitaire. Le racisme et l’antisémitisme tuent et Ils peuvent tuer encore. Dès lors, nous portons tous une responsabilité. Les candidats à l’élection présidentielle en portent une plus grande encore, car leur parole engage. Entretien du 05.11.26 sur @FranceTV
Quand l’origine supposée ou la couleur de la peau deviennent des motifs de stigmatisation, quand des enfants de notre pays sont contraints de présenter leurs papiers d’identité dix fois dans la même journée, quand des millions de nos compatriotes font encore l’expérience quotidienne du racisme et des discriminations, nous avons la responsabilité de ne pas laisser faire. Entretien du 29.10.26 sur @laRadioNova
Un tour de scrutin de plus de gagné. Le grand référendum global pour la démocratie et les libertés avance. Après le Brésil qui a maintenu à la présidence Lula, après Israël où le gouvernement Netanyahou a perdu sa majorité, parce que les partis des Arabes-Israéliens se sont mobilisés pour que leur voix compte, les Etats Unis ont infligé un revers cinglant à Donald Trump. Les prochains tours de scrutin ne sont pas loin – en Espagne, déjà, le 29 novembre, où le parti d’extrême droite Vox semble en passe d’élargir son électorat. Mais la « manche décisive », ce sera l’élection présidentielle française, qui décidera, dans l’un des berceaux de la démocratie moderne et en plein cœur de l’Europe agitée par les tentations identitaires, de l’avenir de la démocratie libérale, car c’est bien d’un changement de régime, ouvert ou masqué, qu’il s’agit. Alors tirons les leçons de ce scrutin. C’est un nouvel espoir qui lève, pour plusieurs raisons. Première leçon, ce ne sont pas seulement les Démocrates qui ont gagné, mais l’amour de la démocratie, tant Donald Trump avait fait de ces midterms un plébiscite sur sa personne, son action et surtout son discours incendiaire, désireux de passer au kärcher toutes les institutions de la stabilité séculaire. On peut même hasarder l’idée que le trumpisme a davantage perdu que l’opposition n’a gagné par ses seules forces. Certes, les Américains ont voté pour leur pouvoir d’achat malmené, et les Démocrates devront désormais tenir parole, mais la portée du vote est allée bien au-delà. Deuxième leçon, c’est la démocratie elle-même qui a gagné du fait même d’un vote clair et sans discussion. Les institutions et les garde-fous tiennent le choc. Depuis un quart de siècle et l’élection contestée de George W. Bush, les Américains se sont enfoncés dans une guerre de tranchéesinstitutionnelle sur le mécanisme du vote, entre « recounts » et débats parfois byzantins sur les machines à voter ou le vote par correspondance. Mardi 3 novembre, les Américains ont montré que la démocratie fonctionnait, car le scrutin s’est bien passé. Déjà dans les derniers mois, on a vu les contre-pouvoirs du pays des « checks and balances » reprendre leurs esprits, après la période de sidération et de résignation qui les avait gagnés après novembre 2024. Les tribunaux, la cour suprême elle-même, en dépit de sa majorité conservatrice, les Etats fédérés, la presse libre, les universités, tous s’efforcent désormais de sauvegarder l’héritage commun l’année même des 250 ans de leur Indépendance. Voilà sans doute un plus bel hommage à George Washington et aux Pères fondateurs que l’« arc de Trump » où le bassin réfléchissant de Washington. Troisième leçon, c’est la jeunesse qui a pris l’avant-garde de l’alternative. Les sondages sortis des urnes montrent que les basculements d’électorats les plus massifs ont été ceux des hommes de 18 à 29 ans avec un déplacement vers les Démocrates de 38% de l’électorat. Plus généralement c’est toute la jeunesse qui s’est surmobilisée (+32% pour toute la classe d’âge). C’est-à-dire la même GenZ qui manifeste aujourd’hui en France, en Italie et ailleurs en Europe. Face au risque démocratique, ils sont là pour bâtir une alternative et nous avons besoin d’eux pour porter un projet de renouveau républicain. Quatrième leçon, il y a un vent de renouveau sur la vie politique américaine. Quatre Etats ont pour la première fois élu un gouverneur noir en Géorgie, en Floride, au Wisconsin et au Nevada. Il n’y en avait eu que dans trois Etats jusqu’ici dans toute l’Histoire des Etats Unis. Un sénateur musulman a été élu, en dépit d’attaques racistes et islamophobes sans fard de Donald Trump. Le Texas lui-même a élu un sénateur démocrate, alors que quarante ans de règne sans partage des Républicains pouvaient laisser croire que le « Lone Star State » était devenu un Parti-Etat d’un nouveau genre. Cinquième leçon, rassurante elle aussi, l’argent n’achète pas tout. En dépit des moyens colossaux déployés, 11,6 milliards de dollars dépensés pour influencer la campagne, dont une très large majorité de fonds vers des candidats républicains, les électeurs n’ont pas obtempéré. Ils ont utilisé leur jugement et leur bon sens. Elon Musk l’a reconnu lui-même, après avoir dépensé 500 millions de dollars en fonds de campagne : « l'ingérence de [s]es lasers spatiaux dans les élections n'a pas fonctionné cette fois ». Mais dernière leçon, rien ne sera acquis pour la démocratie tant que ce référendum permanent ne prendra pas fin. Car après la France, c’est toute l’Europe qui risque de suivre et d’enkyster la tentation illibérale, en Pologne ou en Italie, voire de céder comme l’Allemagne de Friedrich Merz enfoncée dans une crise de leadership durable. Plus qu’un référendum permanent, c’est en réalité une roulette russe politique, dans laquelle chaque coup peut être mortel. On n’en finira de ce poison illibéral qu’en refondant nos démocraties libérales, en les enrichissant des exigences de l’époque, mieux entendre les peuples, redonner le contrôle sur la souveraineté, intégrer l’action de long terme pour accompagner les transformations sociales, économiques et technologiques nécessaires. On n’en finira qu’en faisant à nouveau de la démocratie libérale un régime désirable, durable et stable. Dominique de Villepin ©️ Carlos Barria / Reuters
Un débat démocratique ne peut pas se dérouler si chacun s’arroge le droit de dire n’importe quoi. Sur certains plateaux de télévision, des animateurs de divertissement ou même des journalistes tiennent des propos parfois délirants. L’Arcom doit exercer pleinement ses pouvoirs de contrôle et, lorsque la loi est enfreinte, de sanction. Nous vivons un moment trop douloureux, trop difficile, pour que les passions, les colères et les peurs soient instrumentalisées à seule fin de faire de l’audience. Entretien du 29.10.26 sur @laRadioNova
Je veux vous parler ce soir d’un livre, le Discours de la servitude volontaire d’Etienne de La Boétie, écrit par un jeune homme qui, selon Montaigne, n’avait que seize ou dix-huit ans lorsqu’il l’écrivit : l’âge de celles et ceux qui, aujourd’hui, s’interrogent sur le destin de la France. Bien plus qu’un pamphlet contre la tyrannie, il nous parle d’une question plus troublante encore. Pourquoi tant de femmes et d’hommes acceptent-ils d’obéir à un seul ? Et pourquoi nous est-il si difficile de nous unir pour renverser la table ? Texte moral autant que politique, le Discours de la servitude volontaire nous renvoie à notre propre responsabilité. Il interroge notre goût de la facilité, notre conformisme, notre peur d’être seuls contre tous. Il nous demande pourquoi nous préférons le repos de l’obéissance à l’inquiétude de la dignité. Qu’est-ce qui, en nous, consent à ce qui nous diminue ? La Boétie nous demande de reconnaître cette part de nous-mêmes dont la tyrannie a besoin. Et de la lui refuser.
Il est des propos, sur le voile, sur les étrangers, sur les religions, qui participent à renforcer un climat de tension. Celui-ci banalise la suspicion, qui à son tour nourrit le terreau de la violence et de la haine. À Trappes et à La Verrière, un jeune homme a été tué et une enfant de douze ans, qui se rendait à la piscine, a été grièvement blessée. Ils ont été visés pour leur couleur de peau ou pour la religion qu’on leur prêtait. Dans ce cadre, il est de la responsabilité de chacun, et d’abord ceux qui aspirent à représenter l’État, de mesurer sa responsabilité. Je vois bien la tentation de certains responsables politiques qui pensent faire recette en jouant sur ces peurs et ces colères et qui confondent leur idéologie personnelle avec la République ou la laïcité. Mais la République et la laïcité ne sont la propriété de personne, d’aucun parti ni d’aucune idéologie. Face à cette brutalisation du débat public, chacun doit répondre de ses mots. Entretien du 30.10.26 sur @laRadioNova
Monsieur Retailleau, Un homme, Pengo Bossio Wangi, est mort à Trappes, et plusieurs personnes grièvement blessées, dont une enfant de douze ans qui portait un foulard au sortir de la piscine. Il n’y a bien sûr qu’un seul coupable de ce crime, celui qui a tiré, mû par le racisme. Mais permettez-moi de m’interroger sur le poids des mots et sur le sens de la responsabilité politique. Si la responsabilité pénale appartient à la justice et à elle seule, la responsabilité politique, elle, répond d'un climat. C'est de ce climat que je vous parle. Face à ce drame qui a heurté et blessé la nation tout entière dans ce qu'elle a de profondément universel, et pour vous défendre de vos propres mots, vous convoquez la mémoire de Mahsa Amini et le calvaire des Afghanes. Leur combat mérite mieux que de servir d'argument dans vos querelles politiciennes. Mahsa Amini est morte entre les mains d'une police chargée d'imposer le voile à toutes les femmes, un régime qui en a fait un instrument de soumission et d'oppression au sein d'une société qui considère les femmes comme des objets à la merci des hommes. Les Afghanes ont marché dans Kaboul au cri de « Pain, travail, liberté », face à un pouvoir qui leur refuse d'être des citoyennes. Puisque vous voulez en parler, parlons de l'Iran. Même si comparaison n'est pas raison, en 1936, Reza Chah arrachait le voile des femmes qui souhaitaient le porter. En 1983, la République islamique décidait qu'elles étaient contraintes de le porter. À chaque fois, le même schéma : un régime qui impose aux femmes ce qu'elles devraient, ou non, se mettre sur la tête. À chaque fois, la même contrainte, la même obligation, la même soumission. Vous ne voyez pas la différence avec la France ? Avec un pays qui garantit aux femmes le droit de porter le voile ou de ne pas le porter ? Les Françaises qui portent le voile par conviction religieuse, liberté que la loi leur garantit, ne sont pas des ennemies de la République. Jeter le soupçon sur elles, c'est faire fi de ce que la France a d'universel. Comprenons une chose : il y a ce que chacun d'entre nous pense du voile en son for intérieur, il y a l'essentiel combat pour la liberté de toutes les femmes, et il y a ce que dit la République. Or en République, faut-il vous le rappeler, la liberté est la règle. Le voile est libre dans l'espace public, sous les seules limites que fixe la loi, à l'école, pour les agents publics ou lorsqu'il dissimule le visage. Le 26 mars 2025, quand vous lancez « à bas le voile ! » lors d'une réunion publique organisée par Agir Ensemble en lien avec Elnet, vous parlez en ministre de l'Intérieur, chargé des cultes, garant de leur libre exercice. À ce titre, vous sortez de la responsabilité que vous confie la République. C'est pourquoi j’estime que vous n’aviez pas le droit de dire cela. En effet, si tout citoyen en a le droit au titre de la liberté d’expression ; un ministre de l’Intérieur, qui parle au nom de l'État, ne l'a pas. « Un ancien Premier ministre connaît le poids des mots », écrivez-vous. Oui, justement. Et je fais la différence entre ce qui tient d'une intime conviction et ce qui relève de la parole de l'État. Quand un homme censé incarner l'État lance « à bas le voile ! », quand il déclare que l'État de droit n'est « ni intangible, ni sacré », quand il invoque une « forme de viol de la conscience » pour parler du voile, il contribue à banaliser la suspicion envers des millions de Français, et risque de ce fait d’ouvrir la voie à ceux-là mêmes qui la changent en haine. Mais vous n'êtes pas à une contradiction près. Dans votre dernier livre, vous écrivez, dans une lettre adressée à Jean-Luc Mélenchon, que lui et les siens ont « sur la conscience la mort de Quentin ». Vous avez même récemment envisagé d'interdire La France Insoumise pour le lien que vous établissez entre ses mots d'ordre et les violences. Ainsi, les mots de vos adversaires politiques tueraient, et les vôtres seraient sans conséquence ? Contrairement à vous, je refuse le deux poids, deux mesures. Chacun répond de ses propos, vous compris. La République ne choisit pas entre une haine et l'autre. La mécanique de la violence et de la guerre civile commence toujours par les mots. Le voile serait le symbole de l'islamisme, dites-vous ? Qui accusez-vous d'être islamiste, Monsieur Retailleau ? Quelles Françaises ? Les mères, les étudiantes, les infirmières qui portent le voile ? Quels Français ? Ceux qui prient, ceux qui croient ? Dites-le-nous : où s'arrête l'islam, où commence l'islamisme ? C’est par de telles confusions, en prenant en otage ceux qui ne pensent pas ou qui ne croient pas comme vous, que vous nourrissez l'engrenage de la haine. La République, elle, sait faire la différence entre quelqu'un qui croit et quelqu'un qui se fait le relais des idéologies radicales qui veulent abattre la République. C'est toujours le même piège identitaire. On fabrique un « nous » contre un « eux ». La laïcité devient une frontière. Le voisin devient un suspect, puis les violences des uns justifient les représailles des autres, jusqu'à installer une culture de guerre civile. Souvenons-nous des mots. Souvenons-nous de l'appel du chancelier de France, Michel de L'Hospital, qui, en décembre 1560, devant les États généraux réunis à Orléans, implorait un royaume au bord de la guerre civile : « Ôtons ces mots diaboliques, noms de partis, factions et séditions, luthériens, huguenots, papistes ; ne changeons le nom de chrétien. » Quatre siècles et demi plus tard, nous voilà toujours face à la même exigence. Ne laissons pas d'autres noms, d'autres étiquettes, d'autres soupçons effacer le seul nom qui nous rassemble, celui de citoyen. Notre responsabilité, Monsieur Retailleau, est de maintenir la paix civile et de faire attention aux mots que l'on emploie. Un homme d'État protège toutes les Françaises, voilées ou non. Un homme d'État nomme l'islamisme sans jeter le soupçon sur l'islam. Un homme d'État, ça s'empêche. Dominique de Villepin
Théodora, Shay, Damso, Mory Kanté, Tabu Ley, blues, soul… La musique, depuis mon enfance aux États-Unis et dans les Caraïbes, accompagne ma vie. Sur le plateau de Radio Nova, j’ai pu parler de la place qu’elle occupe dans mon quotidien, des humeurs qu’elle accompagne ou transforme, en voiture comme à ma table d’écriture. J’aime les mots, et j’aime entendre, chez les artistes, la force et l’inventivité de la langue et des sonorités. Défendre cette richesse, c’est défendre une culture française et francophone singulière, ouverte sur le monde et nourrie de ses influences.
Voir ce que l'on voit, ou la dictature de l'évidence. Il faut « voir ce que l’on voit », nous apprend Édouard Philippe dans une interview au Point. C’est de l’impensé politique qui pense ici devant nous. Peut-être qu’il faudrait aussi dire ce que l’on dit, cela s’appelle le courage. Car voir ce que l’on voit, clarifions d’emblée, c’est voir sur son téléviseur des Noirs et des Arabes qui manifestent, bloquent, cassent. C’est « patent ». D’autres personnalités politiques, plus décomplexées, l’ont fait à longueur de journée depuis le 17 octobre, Marion Maréchal Le Pen par exemple. Utiliser le 17 octobre pour mettre au ban l'ensemble des immigrés de ce pays, c'est une faute morale autant que politique. Ça n’a l’air de rien, mais c’est une remarque fascinante, terriblement révélatrice de notre basculement politique. Nous avons déjà basculé en réalité dans un nouveau régime de pensée. D’abord dans cette logique de l’inversion orwellienne, puisque, faut-il le rappeler, la phrase de Charles Péguy s’inscrivait dans l’engagement dreyfusard du poète et intellectuel, à l’heure où l’on comptait les Juifs dans l’armée, dans l’administration, partout. Relisons Notre jeunesse, le texte n’a pas pris plus de rides que le discours à la jeunesse de Jean Jaurès. Ici, l’inversion de la phrase permet à bon compte et avec bonne conscience de se compter au nombre des compteurs. Certains comptent les oiseaux migrateurs sur les cols des Pyrénées, d’autres préfèrent le confort de leur canapé pour compter les Noirs sur leur télé. Ensuite, parce qu’Édouard Philippe assume le régime télévisuel de la démocratie. On ne fait plus l’expérience de la société, on la voit à travers ses écrans. Édouard Philippe n’est pas devant les Français, en responsable, il est devant son poste, à côté de tous les autres Français. Voir ce que l’on voit, c’est accepter que la démocratie soit désormais captive des écrans. Poète pour poète, peut-être faut-il rappeler cette phrase prophétique de Gil Scott-Heron : « The revolution will not be televized », la révolution ne passera pas à la télé. Comment être surpris dès lors que l’opinion publique soit façonnée désormais non plus par une pensée politique, mais par des éditorialistes confondant sans cesse le journalisme et l’opinion, quand ce n’est pas la croisade sur commande. Enfin, parce qu’Édouard Philippe inaugure par cette phrase le régime politique de l’« évidence ». Voir ce qu’on voit, ici, signifie croire ce qu’on voit, en saint Thomas du bon sens. Eh oui – mais le bon sens… Le bon sens oublie de dire qu’on peut avoir la peau noire et être né en France, il n’y a pas de loi contre ça. Qu’on peut être Noir et être citoyen français en ligne directe depuis 1848 ou au-delà. Qu’on peut être Noir ou Arabe et descendant d’un citoyen français par le service du sang, comme des centaines de milliers de tirailleurs d’Afrique, au service des grandes victoires de 1918 et 1945. Le régime de l’évidence, c’est le régime du raccourci : « pas de fumée sans feu ». Corrélation vaut causalité. Couleur de peau égale immigration, égale faillite de l’intégration. On voit ce que l’on voit, ce que l’on voit… C’est « patent », c’est-à-dire non pas que c’est visible, mais que c’est une vérité officielle, sanctionnée par le pouvoir, comme le serait une lettre patente. Le régime de l’évidence, c’est de construire l’ordre politique sur le visible. C’est d’essentialiser les positions des uns et des autres en fonction des signes visibles. De religion, comme le voile. D’origine, comme la couleur de peau. Le régime de l’évidence conduit à la dictature des apparences, à l’essentialisation, à l’identitarisme. Car s’il y a bien quelque chose qui ne se voit pas et qui est partout autour de nous, c’est la République, un esprit irréductible. Peut-être au régime de l’évidence noyé dans les fantasmes identitaires de l’époque, faut-il opposer une fois de plus, une fois encore, l’esprit de résistance, celui que Péguy attribuait au mystère de la charité de Jeanne d’Arc, cette « petite Française qui voit clair ». Il y a la vue, certes, mais il y a mieux pour l’avenir d’un peuple : la vision. Dominique de Villepin
La République des talents, c’est une République de l’intelligence, des savoir-faire pratiques, technologiques, de la sensibilité. C’est une République qui n’oblige pas nos enfants à choisir dès le collège leur orientation pour toute une vie, qui donne les moyens de corriger, de s’adapter, de changer de voie, tout au long du lycée et tout au long de la vie. Est-ce qu’à 14 ans, est-ce qu’à 15 ans, on sait exactement ce qu’on veut faire de sa vie ? La réforme du lycée est à revoir très amplement, avec un service d’orientation à l’échelle nationale qui permette, à travers plusieurs rendez-vous, de retrouver une présence humaine dans ce parcours difficile pour beaucoup de nos lycéens. Entretien du 22.10.26 sur @BFMTV
Halte au feu dans la rue ! Halte au feu dans les esprits ! Halte au feu dans la République ! Il y a des paroles qui tuent, des actes qui tuent, des abandons qui tuent quand la République n’est plus au rendez-vous. Il y a surtout une mécanique de l’intolérance et de la polarisation, nourrie par le Rassemblement national, qui a bâti son discours sur la recherche de boucs émissaires, sur l’assignation à une couleur de peau ou à une religion. Face à cet engrenage, nous avons trois garde-fous. Le premier, c’est la règle républicaine, la même pour tous, que nous sommes en train de laisser reculer. Le second, ce sont les maires, qui agissent tous les jours au service du rassemblement. Nous l’avons vu ces derniers jours à Marseille, à Paris, à Trappes. Le troisième, c’est l’État, qui doit retrouver sa puissance pour protéger chacun, partout. Un État fort et juste. Entretien du 26.10.26 sur @RTLFrance
La victoire de Lula aux élections présidentielles brésiliennes est un signal d’espoir majeur. Les démocrates ont remporté la première manche d’un grand référendum global sur la démocratie. Ce n’est qu’un début et il y en aura d’autres. Demain l’élection législative israélienne, où la défaite de Benjamin Netanyahou serait une nouvelle étape franchie pour libérer les peuples démocratiques de la tentation de la force, de la surenchère et de l’identitarisme étroit. La semaine prochaine, les Midterms aux Etats Unis seront l’occasion de freiner la course folle à la toute-puissance de Donald Trump. Nous serons, en France, en avril et mai prochain, le tour décisif de cette élection mondiale. Notre décision pèsera dans l’avenir de la liberté. Nous devons offrir une alternative, montrer que la démocratie libérale peut encore se ressaisir avant qu’il ne soit trop tard. De notre vote dépendra en effet pour une part la décision de l’Italie et de la Pologne, toutes deux déjà sous le charme des apprentis-sorciers identitaires. L’élection de Lula est une bonne nouvelle pour trois autres raisons en réalité. C’est une bonne nouvelle pour le Brésil, parce que cela enraye, au moins provisoirement, la mécanique de guerre civile dans un pays très divisé, marqué par la mémoire de la dictature et les conflits sociaux. C’est une bonne nouvelle géopolitique, pour le continent américain, car le Brésil était la dernière pièce du puzzle ultranationaliste que veut composer Donald Trump. Le Venezuela est tombé de force, Cuba est en état de siège politique, la Colombie, le Chili, l’Argentine ont basculé à l’extrême-droite par les urnes. Seul le Brésil résiste encore. C’est une bonne nouvelle pour la planète, car l’alternative présentée aux électeurs brésiliens mettait bel et bien en danger le poumon amazonien, avec les partisans de la prédation des ressources et de la déforestation illimitée prêts à sauter sur l’occasion. Maintenant, ne nous réjouissons pas trop vite. C’est une victoire étroite, assombrie par la majorité d’extrême droite et de droite dans les deux chambres brésiliennes, et le risque de tensions post-électorales tant que Flavio Bolsonaro n’aura pas reconnu sa défaite. Le droit doit prévaloir, comme les procédures de vérification indispensables à toute démocratie. C’est la condition de l’exemplarité. On ne peut donner le sentiment de forcer le destin sans prendre le risque d’attiser la guerre civile larvée qu’il s’agit justement de remettre sous contrôle. Dominique de Villepin
À demain ! https://t.co/DBNl3okJYT
Madame Le Pen, En stigmatisant des « territoires perdus de la Republique » on ouvre des champs de bataille à des fanatiques de la reconquête. C’est ce que nous avons sous nos yeux à Trappes où, hier, un assassin a sans doute tiré sur des êtres humains pour des raisons de race et de religion, où un homme a pu tirer huit balles sur une fillette de 12 ans, probablement parce qu’elle portait un foulard. Chaque parole excessive nous détourne du chemin d’une « France apaisée ». La République n’est pas à la carte. La loi doit s’appliquer à tous, partout, avec la même fermeté. Trappes est une ville de la République française. L’État doit y être à la hauteur de ses responsabilités, comme partout ailleurs, pour assurer la sécurité, défendre l’égalité et combattre toutes les formes d’exclusion. Notre devoir de responsables publics est de protéger tous les Français et de ne renoncer à aucun des nôtres. La France n’est pas une couleur de peau. Que doit-on comprendre, Madame Le Pen ? Qu’il y a des Français qui méritent moins d’être défendus que les autres ? Qu’il y a des villes qui méritent d’être laissées à l’abandon ? Que nous devrions dresser des barricades au sein même de notre pays ? Vous me trouverez toujours déterminé à combattre l’islamisme, sans relâche et sans faiblesse. Vous ne me trouverez jamais du côté de ceux qui acceptent de se résigner et de trier les Français. Dominique de Villepin
L’engrenage de la violence, encore et toujours! Attention aux paroles irresponsables. Le racisme tue. Derrière les mots il finit toujours par y avoir des actes. La France est fragile! @J_Bardella Dominique de Villepin
Halte au feu ! Au feu dans la rue, au feu dans les esprits, au feu qui menace notre République. Voilà ce que je veux répéter, à l’heure où l’engrenage de la violence semble nous entraîner dans une mécanique de guerre civile. Aujourd’hui, j’étais à la Chapelle-Saint-Luc avec son maire @OGirardin1968, une ville qui a réussi à préserver sa cohésion par l’unité et la responsabilité républicaines, en dépit de nombreuses difficultés économiques et sociales, pour une visite sur le thème de la paix civile. C’est là, au cœur de ce centre social, parmi les habitants et des acteurs de la vie locale, que j’ai appris l’attaque à l’arme automatique commise ce matin à Trappes et à La Verrière. Le Parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour assassinat et tentative d’assassinat terroriste à caractère semble-t-il raciste. Mes pensées vont d’abord aux victimes, à leurs familles et aux habitants de ces deux villes. Nous devons mesurer le danger des paroles incendiaires. On ne peut pas matin,midi et soir désigner des femmes et des hommes à la vindicte et prétendre que les mots sont sans conséquences. Réduire des personnes à leur origine supposée, stigmatiser le voile, vouloir rendre une religion responsable des actes de quelques-uns, c’est nourrir la haine et enfermer la France dans le piège identitaire. @MarionMarechal, nous en avons débattu hier. Nous devons tous entendre cette nouvelle alerte. La paix est fragile, la France est fragile ! Jacques Chirac en avait la conviction intime, il n’a jamais cessé de nous le rappeler. C'est à la nation tout entière de se retrouver pour briser cet engrenage. J’appelle toutes les forces républicaines à s’unir autour d’engagements clairs : condamner toutes les violences, protéger chaque citoyen, défendre l’Etat de droit et répondre enfin aux inquiétudes sociales. L’heure est aux Etats généraux de la République, à l’union sacrée pour la paix civile et l’avenir de notre pays. Dominique de Villepin
Aujourd’hui, il est de mon devoir de débattre avec vous. Parce que le système, l’idéologie du Rassemblement national, comporte aujourd’hui des risques majeurs pour la République, à commencer par la tentation de détourner nos institutions et instaurer la priorité nationale. C’est une France qui n’a rien à voir avec la France des droits de l’Homme, de l’universel et de l’intérêt général. #FaceAVillepin @BFMTV
Il y a une pulsion de jouissance du casseur et du voleur, qui prend et qui rapine des sacs dans un magasin de Paris. Cette pulsion existe aussi chez celui qui, derrière sa télévision, qui n’en peut plus, qui rêve d’en découdre en disant : « qu’on les élimine tous, qu’on les déporte tous ! » Alors, quand Marine le Pen arrive, sage et bien coiffée, pour dire qu’il y a 700 000 clandestins dans ce pays, et qu’on va les déporter, nous ne sommes plus en France. Nous ne sommes plus dans le pays des droits de l’Homme. Nous ne sommes plus dans une France universelle. On peut faire respecter l'ordre dans ce pays. Mais il y a une condition : c'est la justice sociale. #FaceAVillepin @BFMTV
RT @LFHumaniste: Il faut ouvrir les yeux : aujourd’hui, le RN est aux portes de l’Élysée. Dans un moment comme celui-ci, nous avons besoin…
RT @LFHumaniste: 🎙️ Face à l'interdiction de manifester ce samedi, @Villepin exprime son inquiétude face au risque d'un report vers des man…
RT @LFHumaniste: 🔴 Face aux crises et au désordre, la France a besoin d'un chef d'État capable de rassembler la nation. @Villepin le montr…
RT @LFHumaniste: 🔴 @Villepin est en direct sur @BFMTV dans #FaceàBFM. Enfin la hauteur de vue et la sérénité que réclame la situation. #…
Chaque jour davantage, je me convainc des circonstances exceptionnelles que nous traversons. Chaque jour davantage, je mesure à quel point le discours politique a du mal à trouver son équilibre. Nous sommes en train de perdre le chemin de la République. C’est une mécanique de guerre civile. #FaceAVillepin @BFMTV
RT @BFMTV: Dominique de Villepin est l’invité de Face à BFM à partir de 21 heures https://t.co/XygOrFMALk https://t.co/t8isgTNDyP