Il nous reste à construire un nouvel ordre international. Nous vivons une bascule d’époque, et il est essentiel de prendre la mesure de ce qui se passe pour sortir de la sidération dans laquelle le monde est plongé. Le temps du sursaut, avec ce qu’il requiert de fermeté, a sonné. Quand Donald Trump menace deux principes fondamentaux : l’intégrité territoriale des États souverains et le droit des peuples à l’autodétermination ; quand il plonge l’Amérique dans un illimitisme prédateur et installe l’idée que tout peut être acheté, la France, comme l’Europe, doivent se mettre en ordre de marche et se doter des leviers de puissance et de souveraineté. Entretien du 21.01.26 avec @PhilippeRevaz à la @RadioTeleSuisse
Dominique de Villepin
Ancien Premier ministre de la République française
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L’EUROPE FACE À TRUMP AU RENDEZ-VOUS DE DAVOS L’Europe a trop souvent l’élégance de la retenue quand l’histoire exige la clarté. Ce que nous vivons est une bascule de méthode, de grammaire, de système. Et cette bascule, si nous la subissons, nous coûtera la substance même de ce qui fait l’Europe : un rapport civilisé au pouvoir, une primauté de la règle, une force tenue par le droit. Ce que l’on appelle le « moment Trump » n’est pas seulement un tempérament porté à l’excès. C’est un régime de relations. Le trumpisme, tel qu’il se déploie sur la scène nationale américaine et internationale, ne tire pas sa puissance d’une doctrine impeccablement construite. Il tire sa puissance d’un instinct systématique de domination. Le fil conducteur, c’est la centralité d’une personne. Tout doit y ramener : l’agenda, l’émotion, la récompense, la peur de la punition. La première caractéristique de ce système est l’impunité érigée en méthode. La transgression, en politique, a toujours existé. Mais ici, elle devient une norme et même une architecture. On affaiblit les freins, on disqualifie les contre-pouvoirs, on politise les instruments, on substitue la loyauté à l’indépendance, on transforme la règle en obstacle. La seconde caractéristique, trop souvent sous-estimée, est l’incohérence comme outil de souveraineté personnelle. Ailleurs, l’incohérence serait un aveu de faiblesse. Ici, elle devient une arme. Passer d’une position à une autre, d’une menace à une caresse, d’une promesse à son contraire, d’un retrait à un coup d’éclat, prive les partenaires de prise et est vécue comme une liberté absolue. La troisième caractéristique est l’outrance comme technologie politique. Le recours à la provocation, au mélange du sublime institutionnel et de la farce n’est pas un accident de personnalité : c’est un mode de gouvernement. Il produit une ambiguïté protectrice : si cela passe, c’était sérieux ; si cela fait réagir, « vous n’avez pas d’humour », « c’était une provocation », « c’était un test ». Le grotesque neutralise la critique, car il impose à l’adversaire un choix perdant : répondre sérieusement, c’est amplifier l’absurde ; répondre en riant, c’est banaliser l’inacceptable ; ne pas répondre, c’est laisser s’installer la nouvelle norme. La majesté commande la gravité, le bouffon incarne la distance critique. Lorsque les deux se confondent, la parole acquiert l’écho du sacré et l’immunité de la farce. Tout devient important parce que c’est dit du sommet ; tout échappe aux sanctions parce que c’est enveloppé dans le jeu. La quatrième caractéristique est la maîtrise de l’économie de l’attention. Dans une démocratie saturée d’écrans, l’attention est une ressource stratégique. Occuper l’espace, c’est empêcher les autres de parler d’eux-mêmes. Multiplier les crises, c’est rendre les partenaires réactifs. Rendre le monde nerveux, c’est obtenir plus vite des concessions. Enfin, il y a une dernière caractéristique, celle qui donne une rationalité à l’apparente déraison : la prédation. On ne cherche pas d’abord à stabiliser un cadre ; on cherche à obtenir des avantages : accès, concessions, achats, renoncements, ressources, obéissance, silence. L’imprévisibilité transforme la protection en service, l’alliance en facture, la souveraineté en option. Dans ce contexte, l’Europe est exposée à un piège spécifique : la tentation de l’obsession et de la surréaction. L’obsession, parce que l’adversaire n’attend qu’une chose : que le débat mondial ne parle que de lui, que tout le monde guette ses humeurs, que chaque déclaration devienne un sommet. La surréaction, parce que la provocation pousse l’autre à la faute. Et la fascination, enfin, sous ses deux formes : l’imitation de ceux qui rêvent d’être des « mini-trumps », et la soumission de ceux qui expliquent qu’il est trop tard, trop difficile, trop coûteux d’être indépendant. Or ce piège est mortel pour nous. Car si nous acceptons l’idée que « seule la force compte », nous nous condamnons à perdre, parce que l’Europe ne gagnera pas une compétition de brutalité entre empires. Notre force c’est la coalition, le marché, la durée, la norme, l’institution. Renoncer au droit au nom d’un réalisme de pacotille, c’est la capitulation qui se prend pour la lucidité. Le débat qui empoisonne tout – le droit ne sert plus, seule la force est crédible – est un faux dilemme. Oui, le droit sans moyens d’exécution est fragile. Mais la conclusion n’est pas « donc le droit est inutile ». La conclusion est « donc il faut des capacités ». Il faut cesser de traiter le droit comme un sermon, et recommencer à le penser comme une force organisée. La force du droit, cela signifie deux choses : la force mise au service de la règle, et la force contrôlée par la règle. Sans la première, nous prêchons. Sans la seconde, nous imitons l’arbitraire que nous prétendons combattre. À partir de là, la voie à suivre est connue. Elle est exigeante et politique. Elle est urgente. Première exigence : la discipline de l’action. Tant que nous répondrons à chaque provocation, nous nourrirons la machine. Il faut une règle simple, appliquée avec constance : ne répondre qu’aux actes. Sortir du temps réel. Répondre en paquets, avec sobriété et unité. Dire moins souvent, mais dire ensemble. Deuxième exigence : la régularité et la prévisibilité. Un système fondé sur le bon plaisir adore l’improvisation, l’accord au cas par cas, la crise fabriquée pour obtenir un geste. L’antidote est l’inverse : des seuils clairs et des réponses automatiques. Quand une coercition économique est déclenchée, la riposte doit être proportionnée mais certaine. Quand un chantage vise un État membre, la réponse doit être collective, immédiate, lisible. Troisième exigence : l’unité. Divisés, nous sommes des cibles ; unis, nous sommes une puissance. Tant que nos divergences s’exposeront en public, elles deviendront des leviers contre nous. Il faut donc un réflexe européen : une voix, une ligne, une chaîne de décision rapide, et des instruments communs mobilisables sans drame. Quatrième exigence : la souveraineté, non comme slogan, mais comme plan. Cela commence par un audit des dépendances, lucide, sans mensonge et sans pudeur : dépendances numériques, industrielles, énergétiques, technologiques, militaires, financières. Cela se poursuit par l’investissement dans des alternatives : non pas tout étatiser, non pas fermer nos frontières, mais mobiliser capital privé, commande publique, innovation, réglementation intelligente, préférence stratégique lorsque l’enjeu est vital. Et cela se programme dans le temps : maintenir l’existant tout en organisant un désengagement progressif. La souveraineté ne se décrète pas : elle se construit. Cinquième exigence : ne pas importer la maladie chez nous. Sous pression, la tentation est d’imiter l’arbitraire et l’exception permanente. Ce serait la défaite la plus grave, perdre dehors par dépendance et dedans par renoncement à l’État de droit. L’autorité, c’est la force encadrée. L’autoritarisme, la force sans limites. L’antidote ce n’est ni la flatterie, ni la bravade. La flatterie enferme dans la logique de cour. La bravade enferme dans la logique de l’escalade. L’antidote est une politique de maturité : lucidité sans cynisme, puissance sans arbitraire, souveraineté sans repli. On entend chez nous des voix assurées expliquer que le droit international ne serviraitplus à rien, que nous aurions « changé de monde », qu’il faudrait se convertir à la force comme unique horizon. Cette idée est fausse et elle est dangereuse. Fausse, parce que le droit continue d’organiser les coalitions, la durée, la réputation, la capacité à isoler une violation, la légitimité d’une riposte. Dangereuse, parce qu’elle valide précisément la doctrine d’impunité. Et surtout, suicidaire pour l’Europe, parce qu’elle nous fait abandonner notre avantage comparatif et accepter un monde où nous deviendrions une proie. Que l’Europe dise, d’une voix, ce qu’elle ne négociera pas : la souveraineté de ses États membres, l’intégrité de son marché, la protection de ses libertés, l’indépendance de ses décisions. Qu’elle dise aussi ce qu’elle construira : des capacités de défense, des chaînes industrielles robustes, une autonomie numérique, une sécurité énergétique, des instruments de riposte économique. Nous entrons dans un monde plus dangereux, dans lequel la pire erreur serait la fascination. C’est l’autre nom de la défaite : elle nous fait croire que le colosse est invincible, alors qu’il dépend de notre attention et de nos renoncements. Ou bien nous acceptons l’ordre du bon plaisir – c’est-à-dire la volatilité, la dépendance, la soumission, l’imitation – ou bien nous reconstruisons un ordre de règles communes. C’est une question de sécurité, de souveraineté et de civilisation. Dominique de Villepin - ©️ Donald Trump lors de l'édition précédente du Forum économique mondial de Davos. [Fabrice Coffrini / AFP]
Intervention au Vénézuéla. Déclarations contradictoires sur l’Iran. Pressions ouvertes sur le Groenland. Chantage économique exercé sur l’Europe… Donald Trump est pris dans une fuite en avant dangereuse, intérieure et extérieure, au risque de graves déséquilibres. Il y a une vanité de la puissance américaine qui en limite considérablement la portée. Parce que la véritable puissance ne peut durablement se satisfaire d’une politique erratique du coup d’éclat permanent, de sidération et de prédation. Entretien du 18.01.26 sur @LCI
Il ne faut pas tomber dans le piège : l’Administration Trump n’est pas engagée, sur la scène internationale, dans une marche triomphale. Partout le réel se rappelle à elle. Je connais bien le Venezuela. J’y ai grandi. Et je peux vous dire que Donald Trump n’a, à ce stade, marqué aucun point, au contraire. Il pense avoir fait main basse sur les ressources d’un pays et de son peuple. En réalité, il exacerbe le rejet de l’impérialisme américain. Entretien du 18.01.26 sur @LCI
À ce soir sur @LCI ! https://t.co/Seapo9p8Fu
Pourquoi relire aujourd’hui Gérard de Nerval ? Pour résister au vacarme du monde, en revenant à l’un de ses textes les plus brûlants : Pandora. Dans un monde dicté par la vitesse, à l’heure des algorithmes, d’images toujours plus scandaleuses, d’une vérité toujours plus incertaine, Gérard de Nerval, trop souvent caricaturé, réduit à la folie, s’affirme au contraire comme un écrivain de la clairvoyance. Dans Pandora, la vérité ne tombe jamais d’un bloc. Elle se cherche, se retient, se livre par éclairs. Et l’ombre n’est pas un manque : c’est le lieu même où le sens prend profondeur. Mais cette forme sert un fond brûlant. Pandora parle de l’humiliation sociale, du théâtre du monde et de ses codes, de la dépendance au regard d’autrui, de la honte qui enferme. Nerval y montre une chose très moderne : quand le réel devient trop violent, il faut apprendre à le transformer, non pas pour fuir, mais pour respirer. Et l’on y gagne des boussoles simples, décisives : ne prenons jamais les mises en scène pour des vérités ; ne laissons pas le regard des autres obscurcir nos propres jugements ; ne laissons jamais la honte nous gouverner. Être humain, construire ensemble cette France humaniste à laquelle nous aspirons, c’est d’abord faire du chemin en soi et vers les autres.
Il est urgent de donner au peuple Iranien les moyens de sa victoire Il faut le dire clairement : il faut souhaiter la chute rapide du régime des mollahs, à laquelle aspire le peuple iranien, martyrisé par un pouvoir d’une brutalité inouïe qui n’hésite pas aujourd'hui à tirer sur ses propres enfants. Mais c’est précisément parce que l’objectif est juste qu’il faut être intransigeant sur les moyens. L’intervention militaire est une impasse : on peut faire tomber le sommet du pouvoir sans construire la paix, et ouvrir la voie au chaos - ou à une confiscation par l’État profond, au premier rang duquel les Gardiens de la Révolution. Faut-il pour autant ne rien faire ? Non. Agir, oui. Mais frapper juste. D’abord, rendre la répression coûteuse : sanctions ciblées, appliquées et vérifiables contre la chaîne de commandement, les unités, les prisons, les circuits financiers et les technologies de surveillance. Ensuite, briser le huis clos : soutenir la capacité des Iraniens à témoigner et communiquer malgré le black-out, et documenter les crimes pour préparer les poursuites. Enfin, mobiliser le cadre international ne doit pas être une formule. Cela signifie : saisir d’urgence le Conseil de sécurité pour exiger des gestes immédiats et vérifiables -fin des tirs sur les civils, moratoire sur les exécutions, libération des détenus arbitraires, accès humanitaire et médical - et mettre chacun devant ses responsabilités. Cela signifie aussi renforcer les mécanismes d’enquête et de documentation afin d’identifier les chaînes de commandement et préparer les poursuites. L’objectif est simple : désescalader, protéger, documenter, et empêcher que l’avenir de l’Iran ne soit réglé par un marchandage entre puissances. Il faut, surtout, refuser l’instrumentalisation. Les agendas de Washington et ses alliés régionaux, de Moscou ou de Pékin ne sont pas ceux du peuple iranien. Une seule ligne doit tenir : l’avenir de l’Iran appartient aux Iraniens. À la France et à l’Europe d’être à la hauteur : agir, protéger, documenter, viser juste, refuser l’aventure et la confiscation. Dominique de Villepin - ©️ Protests in Iran (UGC/AFP)
Le peuple iranien se trouve à un moment décisif. La République islamique, sclérosée, retranchée dans la répression et la violence, vacille davantage à chaque soubresaut. Le régime est aujourd’hui aux abois. C’est le fruit du courage d’un peuple qui, depuis 2008 avec la Révolution verte jusqu’au mouvement « Femme, vie, liberté » en 2022, n’a cessé de se lever pour défendre sa liberté. Depuis la vague de 2017-2018, et plus encore depuis novembre 2019, ce sursaut s’est encore approfondi : une cristallisation des forces de rejet du régime s’opère, à la fois dans le paysage économique, celui du travail, des commerçants, des entrepreneurs étouffés, des classes moyennes précarisées, et dans la société tout entière, des femmes aux étudiants, des minorités aux retraités. Les colères économiques, commerciales et sociales ont convergé avec l’exigence politique et morale : vivre libres, vivre dignes, vivre sans peur. Il convient d’abord de saluer ce courage et de condamner les nombreuses morts de manifestants, après l’accélération des exécutions sommaires au cours des derniers mois. Nul ne peut regarder ailleurs lorsque la peine capitale devient un instrument de gouvernement. Je veux rendre hommage, d’abord aux femmes iraniennes, celles qui, visage découvert, ont affronté la peur, la prison, la violence. La mort de Mahsa Amini, en détention, a cristallisé une vérité que nul ne pourra effacer: un pouvoir qui tue l’innocence se condamne lui-même. On ne peut priver le peuple de son combat en s’appropriant ses victoires à venir, tôt ou tard, comme tentent de le faire certains gouvernements : ce serait fragiliser par avance la démocratie future et en faire l’otage de volontés extérieures. L’Iran n’est pas un théâtre d’ombres où les puissances pourraient projeter leurs rivalités. Dans ce contexte, certains évoquent, parfois à mots couverts, la tentation d’une action militaire extérieure. Prétendre frapper le régime en affirmant ne pas porter atteinte au peuple, sans stratégie crédible de protection des civils, sans prise en compte des intérêts concrets des Iraniens et sans horizon politique conforme à leurs aspirations, est une illusion. L’expérience des ingérences extérieures, depuis la Libye de 2011, nous a appris qu’on peut renverser un régime sans construire la paix, et qu’alimenter le feu au nom du bien finit souvent par livrer les peuples au pire. Refuser l’aventure n’est pas s’abstenir: c’est choisir l’efficacité. Cela suppose d’exercer une pression ciblée sur l’appareil répressif et ses responsables, sans punir indistinctement la population, de soutenir concrètement les voix de la société civile, et de travailler sans relâche à un cadre politique qui protège les Iraniens au lieu de les exposer. On ne peut oublier que, même si la République islamique venait à chuter, cela ne signifierait pas encore la fin des Gardiens de la Révolution, véritable État dans l’État, surarmés et sans scrupules. Les risques d’une guerre civile longue et douloureuse, d’un démantèlement de l’unité iranienne et d’un programme nucléaire potentiellement hors de contrôle doivent être pleinement pris en compte. Le devoir de la communauté internationale est d’anticiper ces risques : sécuriser les conditions d’une transition ; empêcher la fragmentation ; garantir que l’avenir ne soit pas confisqué par la force armée. On ne peut oublier non plus la situation de nos otages en Iran, Cécile Kohler et Jacques Paris, durement éprouvés, retenus dans une situation précaire, et dont nous attendons avec impatience le retour en France. Le durcissement du régime fait peser des menaces évidentes sur leur sécurité. Enfin, il faut regarder en face les tentations d’instrumentalisation qui menacent de tous côtés : celles de l’escalade régionale et des calculs de puissance de Washington, celles aussi des intérêts sécuritaires et militaires de Moscou, celles des intérêts énergétiques de Pékin. À chacun, il faut dire la même chose : l’avenir de l’Iran n’appartient ni aux blocs, ni aux deals, ni aux proxys ; il appartient aux Iraniens. En raison de ces risques multiples, c’est dès lors au Conseil de sécurité des Nations unies, et tout particulièrement, à ses cinq membres permanents, de se réunir d’urgence au chevet de l’Iran pour chercher en commun les solutions d’une transition pacifique et négociée, au seul nom des intérêts du peuple iranien. Cette réunion doit déboucher sur un chemin praticable : un cadre international de désescalade ; une exigence de fin de la répression et de libération des détenus arbitraires ; des garanties d’unité territoriale et de non-prolifération au service d’une sécurité régionale durable ; et la désignation d’un médiateur mandaté par l’ONU, capable d’ouvrir un espace de négociation sans confisquer la parole des Iraniens. C’est ainsi, par la fermeté sur les principes et la constance dans l’action, que l’on peut avancer, éviter le pire, et répondre enfin aux aspirations du peuple iranien. Dominique de Villepin - ©️ Manifestation à Bandar-e Anzali, dans le nord de l’Iran, le jeudi 8 janvier 2026. Vahid Online via Telegram.
« Toute attaque américaine contre le Groenland serait une ligne rouge » Entretien du 07.01.26 sur @Bloomberg https://t.co/XZSE12uoco
Résister face aux nouveaux Empires en consolidant notre indépendance nationale, à la montée des populismes, protéger notre État de droit et notre État social face aux attaques illibérales, défendre nos principes républicains et humanistes, c'est donner à la France et à l'Europe les moyens de se défendre en nous dotant des leviers de la puissance écologique, numérique, financière militaire, sans sous-estimer ni notre responsabilité ni nos atouts. Dans @libe, je propose un pacte européen de souveraineté. À lire dans ce grand entretien : https://t.co/fwFMSm6Pzj
RT @business: "It would be unprecedented, so absolutely unacceptable." Former French Prime Minister Dominique de Villepin tells @flacqua a…
Il y a onze ans, un attentat islamiste frappait Charlie Hebdo, neuf de ses membres, un agent de maintenance et deux policiers. Cet acte terroriste ouvrait la série d’horreur qui se poursuivit les 8 et 9 janvier par l’assassinat d’une policière municipale et l’attentat antisémite de l’Hyper Cacher. Ces crimes sanglants visaient la République dans ce qu’elle a de plus cher et de plus précieux : la liberté de créer et de caricaturer, de servir, de croire ou de ne pas croire. Le droit de vivre libres, ensemble et protégés dans la diversité de nos croyances et de nos engagements. Défigurant la foi qu’ils invoquent et prétendent servir, les islamistes semaient le poison de la haine et du rejet. Face au terrorisme, face au piège identitaire qui menace de fracturer la Nation, la France n’a qu’une réponse à la hauteur de la mémoire de ses enfants : tenir, sans trembler, le cap de la liberté, de la sécurité, de la laïcité et de l’universel. Rester debout dans la force de nos principes. Dominique de Villepin - ©️ Hommage aux onze victimes de l'attentat du 7 janvier 2015 dans les locaux de Charlie Hebdo. Photo : Jacques Demarthon / AFP.
La poussée impériale se double d’une tentation illibérale, qui conduit au piège identitaire, autoritaire et sécuritaire. L’ambition des extrêmes droites, partout en Europe, en dépit d’un nationalisme affiché, c’est la soumission et la vassalisation face aux Empires. C’est l’affaiblissement de l’État-nation, le démantèlement de l’État de droit et de l’État social.
Le court termisme l’a emporté sur la responsabilité. Nous avons raté beaucoup d’occasions : sanctions plus déterminés contre la Russie, livraison d'armes à l'Ukraine pour se défendre, position claire sur le Proche-Orient refusant le « deux poids deux mesures », rapport de forces assumé y compris avec menace de recours à l’arme anti-coercition dans les négociations commerciales, riposte claire face à l’offensive numérique, structuration d’une réponse politique coordonnée européenne sur le Mercosur… Les leviers existent, à condition de faire preuve de lucidité et de volonté. Aujourd’hui, nous avons le devoir de dire Non. Cela aurait permis de montrer l’engagement clair de l'Europe en faveur du droit international, de la paix, et de notre capacité à défendre notre souveraineté, tout en nous organisant pour développer tous les moyens d’une politique de puissance européenne.
RT @LFHumaniste: 💬 « Les difficultés commencent maintenant pour Donald Trump. Delcy Rodriguez n’est pas davantage légitime que Nicolas Ma…
RT @LFHumaniste: « Les États-Unis peuvent-ils, de loin, faire revenir un ordre et assurer une transition démocratique ? Libérer les prisonn…
RT @LFHumaniste: « Le droit international, ce n’est pas uniquement pour en causer. Ce sont des gardes fous pour éviter d’aller plus loin…
À demain, 8h20 sur @franceinter https://t.co/vVwRYsIQfb
Il nous faut un grand pacte européen de souveraineté. Dans un monde où tout est lié, le national et l'international, la première défense c'est celle de ce que nous sommes, de nos valeurs, des principes du droit contre la force. Les Etats-Unis, la Russie, la Chine, menacent les souverainetés françaises et européennes. Technologie, numérique, finance, défense : l’illimitisme des Empires est un danger pour nos Nations. En réponse, nous devons refuser de nous soumettre, et nous doter des attributs de la puissance. Entretien du 04.01.2025 sur @BFMTV
En Iran, il y a un rejet de ce régime théocratique, que nous ne pouvons soutenir et qui a fait connaître à son peuple des souffrances immenses. La solution n’est pas l’ingérence ou une intervention israélo-américaine. Il y a un très fort nationalisme persan, une très forte identité persane. Autant nous devons apporter notre soutien au peuple iranien, autant toute idée d’immixtion serait contre-productive. Que s’est-il passé en Afghanistan ? En Irak ? Au Sahel ? En Lybie ? Le chaos, la misère et plus de drame humain pour les populations. Nous devons agir avec un esprit de responsabilité pour éviter une nouvelle fois que le pire se produise. Entretien du 04.01.2025 sur @BFMTV
Personne ne regrettera Nicolas Maduro. Il a mis son pays en faillite et en ruine, avec huit millions d’exilés. Mais cela ne justifie pas que les États-Unis remettent unilatéralement en cause la souveraineté d'un État. Ce qui se joue, c'est une remise en cause de l’ordre mondial. L’illimitisme des Empires, la prédation des États-Unis sur les ressources. Donald Trump vient de mettre la main sur la plus grande station essenc du monde. Entretien du 04.01.2025 sur @BFMTV
RT @LFHumaniste: 💬 « Ce qui se joue va bien au-delà du Venezuela. Mépris du droit international, illimitisme des Empires : c'est un chang…
RT @BFMTV: 💬 "Le droit ne suffit pas, il faut la puissance" Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, veut se doter "d'un pacte euro…
À demain midi sur @BFMTV ! https://t.co/MuPb9sDQTD
L’opération militaire américaine en cours contre le Venezuela est un basculement géopolitique majeur. Les Etats Unis se mettent volontairement et indiscutablement hors du droit international en violant la charte et l’esprit des Nations Unies. C’est un acte lourd de conséquences pour l’ordre international issu de la Seconde Guerre mondiale. C’est la légitimation des changements de régime par la force. Aussi détestables soient les gouvernements renversés, les précédents montrent que les changements de régime ne mènent ni à la démocratie, ni à la paix, mais au chaos, à la guerre civile et à la dictature. Qu’on se réfère à la situation de l’Irak ou de la Libye. C’est la légitimation des sphères d’influence impériales au nom du « corollaire Trump » de la doctrine Monroe formulé dans la stratégie nationale de défense de décembre 2025. L’objectif à peine voilé de la politique de la canonnière reste l’imposition d’un ordre idéologique conforme aux visions de Donald Trump dans toute l’Amérique Latine. Dès lors que les Etats Unis s’affranchissent de la légalité, que dirons-nous à la Chine si elle renverse un régime qui lui déplait, en Corée, au Vietnam ou à plus forte raison à Taiwan ? Quels arguments aurons-nous à opposer à la Russie si elle renverse un gouvernement qui lui déplait en Moldavie, voire dans les Pays Baltes ? La France et l’Europe doivent clairement réaffirmer avec les pays du Sud Global leur attachement aux principes du droit international, et d’abord la souveraineté des Etats et la sécurité collective, et défendre l’ordre juridique des Etats-nations contre la collision brutale des empires. Dominique de Villepin - ©️ Un feu à Fuerte Tiuna, un complexe militaire à Caracas (Venezuela), après une frappe américaine le 3 janvier 2026. (STR / AFP)