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Dominique de Villepin

178,699 followers 193 following 1,534 tweets on X 1,070 archived Paris, France joined 2009-04-07

Ancien Premier ministre de la République française

40 tweets since 2026-10-09

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2026-05-15 19:10 original

Que retenir de la rencontre entre Xi Jinping et Donald Trump ? Tout, ou presque, est une affaire de tables. D’abord, quand on n’est pas à la table, on est au menu. Mark Carney a eu raison de le rappeler en janvier dernier. Sur l’Intelligence artificielle, les signaux timides, mais novateurs envoyés par Washington et Pékin autour de la recherche commune de garde-fous témoignentd’une prise de conscience de l’accélération de la puissance intrinsèque de l’IA, qui finit par être un danger même pour les puissances qui croyaient la dominer. Les apprentis sorciers commencent à s’inquiéter. Claude Mythos, le modèle d’IA d’Anthropic si puissant en codage qu’il menaçait de s’engouffrer dans toutes les failles de cybersécurité des grandes banques, est passé par là. Mais, pour nous Européens, l’anarchie internationale mâtinée de loi du plus fort que prônent,au fond, les Etats-Unis comme la Chine est à peine pire qu’un condominium sino-américain de l’IA qui viserait nécessairement à faire de l’Europe une colonie numérique dans un grand Yalta technologique dont elle serait absente. Il est urgent de bâtir un cadre européen de déploiement d’une IA de confiance : souveraine, sûre et sobre. Souveraine face au défi géopolitique. Sûre face au défi cognitif. Sobre face au défi environnemental. Ces trois défis sont existentiels. Il revient aux Etats européens volontaires de mobiliser ensemble l’investissement de départ pour des projets de rupture, dont ils seraient cofondateurs, et de fournir des capacités de calculindispensables : l’énergie, les centres de données, les infrastructures critiques. Et pour commencer, engageons les moyens de la France qui dispose, avec son parc nucléaire et hydraulique, d’une électricité bon marché, stable et provisoirement en surcapacité. C’est cela le grand projet de rassemblement qui doit être au cœur du débat présidentiel dès aujourd’hui. Deuxième leçon, à cette table-là, être à table, c’est encore trop souvent être un homme. Quelle image stupéfiante que ces délégations face à face de part et d’autre d’une immense table – sans une seule femme appelée à peser sur la décision. Les femmes ne peuvent plus être reléguées au décor, au protocole ou au service. Il est temps que la puissance cesse de se donner le visage de l’entre soi masculin et de laisser rimer impérialisme et masculinisme. Comme il est singulier de constater encore ces pratiques d'un autre âge, trente et une années après l'adoption par 189 États de la Déclaration et d'un programme d'action de Pékin, considéré depuis 1995 comme le plan le plus progressiste et visionnaire au sujet de l'avancement des droits de la femme. D'après les chiffres les plus récents d'ONU femmes, seuls 28 pays comptent des femmes à la tête d'un État ou d'un gouvernement. Elles ne représentent que 27,4% des parlementaires et 22,4% des ministres à l'échelle mondiale. Ceci témoigne d'un préoccupant recul de leur représentation au sein de la gouvernance mondiale. Il est temps que les choses changent radicalement. La France devrait lancer une initiative avec les Etats européens volontaires permettant d’avancer vers la parité dans les réunions et les négociations internationales, incluant bien entendu les sujets régaliens. Troisième leçon, c’était un buffet à volonté et pas un plat du jour : le Moyen-Orient, l’Iran, Hormuz étaient les grands absents d’une cérémonie qui rappelait davantage les grands rituels impériaux propitiatoires de la Chine ancienne, que la diplomatie les mains dans le cambouis qu’exige un temps de crise. Car pendant que l’on multiplie les gestes et les photos, nous glissons, jour après jour, dans la pénurie de pétrole, alors qu’une part majeure des flux énergétiques mondiaux reste piégée dans le Golfe persique. Bref, il faut retourner la table. Et c’est à l’Europe de montrer qu’elle peut assumer une autre forme de leadership : non pas un leadership de domination, mais un leadership des biens communs globaux. Non pas la loi du plus fort, mais la sécurité, la stabilité, la souveraineté partagée et le droit international. Dominique de Villepin

2026-05-14 21:20 original

Bon courage aux 26 joueurs sélectionnés en équipe de France pour la Coupe du Monde ainsi qu'à son formidable sélectionneur Didier Deschamps. La bataille d'Amérique est lancée, la France s'avance solide, indépendante et sûre de ses forces. Notre équipe est à l’image de notre pays : des joueurs très différents, des styles de jeu variés, mais une rage impérissable de jouer collectif, de faire confiance à ses coéquipiers et de vaincre. Le capitaine Mbappé va nous emmener vers la victoire. N'en déplaise à certains. Dominique de Villepin ©️ Matthias Hangst/GettyImages

2026-05-14 20:49 original

Qui va gagner en 2027 ? Nous connaissons la réponse : le Rassemblement national. C’est ce que disent les médias, c’est ce que disent les sondeurs, c’est ce que disent les experts-en-tout. Alors quoi ? Il faudrait tout abandonner ? Je crois qu’en réalité nous posons la question de la mauvaise manière. Au lieu de demander « qui va gagner ? » il faudrait demander « Qui est le mieux placé pour rassembler le plus grand nombre de Français et pour sortir la France du blocage ? » Partons du départ. Nous sommes dans des circonstances exceptionnelles, sur le plan intérieur, sur le plan extérieur, blocage de l’action publique, risque de guerre. Nous ne pouvons pas imaginer que ces élections vont se dérouler comme les autres élections que nous avons précédemment connues sous la Ve République. Pourquoi ? Parce qu’il ne s’agit pas de faire 50% + 1 voix. Il s’agit d’exercer la fonction présidentielle, de retrouver le président arbitre, garant et stratège. Il s’agit de faire converger des forces politiques. Il s’agit de poser la question d’une majorité de projet. Cherchez sur l’échiquier politique l’homme ou la femme capable de travailler avec tout le monde. Avec la seule méthode qui vaille : la méthode gaulliste, qui prône le rassemblement indispensable pour sortir la France de l’ornière. Entretien du 10.05.26 sur @franceinfo

2026-05-11 21:41 original

L’enjeu de 2027 sera celui de la capacité de la France à redevenir maîtresse de sa propre souveraineté. C’est la grande ambition gaulliste : l’indépendance. Celle qui a poussé le général de Gaulle à accélérer sur le nucléaire. Celle qui doit nous pousser aujourd’hui à accélérer sur notre capacité à maîtriser l’intelligence artificielle. Santé, économie, services publics : elle interviendra dans tous les secteurs. Mais nous ne sommes pas au niveau. La France investit près de 2,5 milliards d’euros dans sa stratégie nationale pour l’intelligence artificielle, quand les plus grandes entreprises américaines engagent, elles, plusieurs centaines de milliards de dollars dans les infrastructures et le développement de l’IA. Si nous voulons sortir de l’étau entre la Chine et les États-Unis, nous devons impérativement en prendre la mesure. L’intelligence artificielle, pour créer des opportunités sans nous affaiblir, doit être souveraine, indépendante, sobre. C’est ce que j’appelle l’éco-gaullisme, parce que le gaullisme du XXIe siècle fait attention à la France, à l’homme et au vivant. Entretien du 10.05.26 sur @franceinfo

2026-05-10 22:35 original

« La colonisation, je le répète, déshumanise l’homme même le plus civilisé », écrivait Aimé Césaire dans son Discours sur le colonialisme. Aujourd’hui, vingt ans après l’instauration, en 2006, de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, sous la présidence de Jacques Chirac, dans le sillage de la loi portée par Christiane Taubira et du travail du comité présidé par Maryse Condé, cette journée nous oblige à la même exigence de rassemblement. Se souvenir de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, c’est offrir à la France la possibilité d’aller jusqu’au bout d’elle-même, dans l’exigence et la cohérence : jusqu’au bout de son idéal de liberté, d’égalité et de fraternité. Il y a vingt-cinq ans, la loi Taubira reconnaissait la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité. Depuis, un chemin a été ouvert : celui de la connaissance, de la transmission, de la dignité rendue à celles et ceux que l’histoire avait voulu réduire au silence. Je veux saluer le travail de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, qui rappelle que cette histoire n’est pas seulement celle de la souffrance, mais aussi celle des résistances, des abolitions, des cultures, des héritages et de l’émancipation. Une République forte ne craint pas ses mémoires. Elle les rassemble. Elle les écoute. Elle les transmet. Car un peuple qui regarde son histoire en face, loin d’être affaibli, est un peuple qui se donne les moyens d’être plus juste, plus lucide, plus fraternel. Dominique de Villepin ©️10 mai 2006 | Patrick Kovarik / AFP

2026-05-10 19:23 original

Je suis pour un état d’urgence de la jeunesse. Parce que la situation pour les jeunes de notre pays est grave. La jeunesse est en souffrance. 24% des jeunes ont des pensées suicidaires. 160 000 mineurs sont victimes de violences sexuelles. 3000 enfants dorment dans la rue. La commission sur l’inceste met en lumière la gravité de la situation. Trop souvent les victimes sont méprisées. Il faut que cela change. C’est à la société tout entière d’agir pour que ce sujet soit une priorité. La méthode doit être claire : améliorer la prise en charge anticipée des problèmes, détecter le plut tôt possible les victimes d’agressions sexuelles sur mineurs, en nous appuyant par exemple sur l’expertise de nombreuses associations, comme Les Papillons qui met en place dans les écoles des boîtes aux lettres où les enfants peuvent librement s’exprimer. Permettons aussi une orientation mieux anticipée, réhumanisons Parcoursup, afin qu’il ne renforce plus les inégalités et ne transforme pas l’avenir des jeunes en mécanique anxiogène de sélection permanente. Agissons enfin pour une véritable prise en charge psychique et psychiatrique des jeunes Français. La santé mentale de la jeunesse doit devenir une grande priorité nationale. Entretien du 10.05.26 sur @franceinfo

2026-05-08 20:21 original

Perceval. Son nom a traversé les siècles et nous parvient aujourd’hui comme l’un des plus célèbres héros de la cour du roi Arthur. Rien ne prédestinait pourtant l’enfant qu’il était à devenir chevalier, lui que sa mère protégeait jalousement de la violence et de la civilisation. Dans Le Conte du Graal, de Chrétien de Troyes, l’adolescent quitte l’enfance rustique pour la chevalerie brillante. Il apprend ce nouveau monde par l’imitation, appliquant des règles sans en saisir le sens, jusqu’à transformer le conseil de son initiateur - « ne parle pas trop » - en un absolu sclérosant. Reçu au château du Roi Pêcheur, il assiste à la procession de la lance qui saigne et du Graal, mais s’enferme dans un silence de pure procédure. Il manque ainsi l’essentiel : poser la question qui sauve, celle qui reconnaît la douleur de l’autre et transforme la curiosité en acte de charité. Si j’ai voulu partager avec vous ce récit, c’est parce qu’il nous livre quatre enseignements d’une modernité intacte. D’abord, l’innocence n’est pas la bonté, parce qu’être juste, c’est écouter et comprendre. Ensuite, les règles peuvent être dangereuses quand elles sont sans esprit, et une société se perd lorsqu’elle sacralise les procédures au détriment de leur fidélité humaine. Troisièmement, la question est un acte majeur, une épreuve de conscience, une rupture avec l’indifférence. Enfin, l’apprentissage est un deuil, et l’on perd toujours un peu de soi en affrontant son destin. Le roman est inachevé, et c’est tant mieux. Nous ne saurons jamais si Perceval atteint le Graal tant recherché. Mais ce qui compte vraiment, c’est d’en être digne. Et cela commence par cette phrase simple adressée à la souffrance d’autrui : « Que signifie ta douleur ? Que puis-je faire pour t'aider ? »

2026-05-08 13:15 original

Il y a 81 ans, le silence des armes succédait au fracas du monde. Le 8 mai 1945 fut le sursaut d’une France libre, d’une humanité vibrante qui avait failli se perdre, et qui choisit, dans le sang et dans les larmes, de se relever et de rester debout. Ils étaient des millions : Visages anonymes de l’Histoire, résistants des maquis, héros de Londres, tirailleurs africains, femmes qui tenaient bon, déportés qui revinrent, et ceux qui ne revinrent pas : voilà la mémoire que nous honorons aujourd’hui. La France leur doit tout. Notre liberté est leur héritage. Leur souvenir nous rappelle une urgence brûlante : rien n’est jamais acquis. Ni la paix, ni la liberté, ni même la vérité. Leur rendre hommage, c’est aussi montrer notre fidélité constante à leurs engagements et à leurs actes. Dominique de Villepin ©️ 8 mai 1945 : Paris en liesse pour fêter la victoire | Crédit : DR.

2026-05-07 20:12 original

Nous vivons une époque où le vacarme tient trop souvent lieu de pensée, où l’on confond la force avec la brutalité et l’autorité avec l’agitation. Pourtant, une nation ne se tient pas seulement par ses intérêts ou par sa puissance. Elle se tient par une vision, par une mémoire, par une fidélité à ce qu’elle porte de plus grand. La France n’est jamais aussi forte que lorsqu’elle refuse l’abaissement, lorsqu’elle élève le débat, lorsqu’elle parle non pour flatter les peurs mais pour rassembler les consciences. Dans un monde gagné par les passions tristes et les logiques de prédation, notre devoir est de préserver une voix libre, indépendante, fidèle à l’universel. Car au fond, le véritable combat est peut-être là : maintenir vivant ce souffle sans lequel aucune civilisation ne peut durer. Extrait de la conférence @FestSeriesMania du 25.03.26

2026-05-07 20:08 original no longer on X

Nous vivons une époque où le vacarme tient trop souvent lieu de pensée, où l’on confond la force avec la brutalité et l’autorité avec l’agitation. Pourtant, une nation ne se tient pas seulement par ses intérêts ou par sa puissance. Elle se tient par une vision, par une mémoire, par une fidélité à ce qu’elle porte de plus grand. La France n’est jamais aussi forte que lorsqu’elle refuse l’abaissement, lorsqu’elle élève le débat, lorsqu’elle parle non pour flatter les peurs mais pour rassembler les consciences. Dans un monde gagné par les passions tristes et les logiques de prédation, notre devoir est de préserver une voix libre, indépendante, fidèle à l’universel. Car au fond, le véritable combat est peut-être là : maintenir vivant ce souffle sans lequel aucune civilisation ne peut durer. Extrait de la conférence @FestSeriesMania du 25.03.26

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2026-05-06 20:06 original no longer on X

Le « non » d’Olympe de Gouges est un cri qui résonne encore aujourd’hui. Aux révolutionnaires français, elle ne réclame rien d’autre que la cohérence. « La liberté ou la mort », dites-vous ? « L’égalité », dites-vous ? La dignité ? Oui, mais pour les femmes aussi ! Refusant de consentir à l’effacement, Olympe de Gouges rappelle que les humiliations sociales, raciales et juridiques sont les manifestations d’un même ordre qui distribue inégalement la dignité. Pour elle, la dignité n’a pas à demander la permission, et la justice commence par le refus de vivre sous l’assignation. Dans sa Déclaration, elle pose cette question crue : pourquoi l’échafaud est-il ouvert aux femmes, mais pas la tribune ? Une société n’est pas juste lorsqu’elle choisit ses humiliés. Voilà ce que nous apprend le « non » d’Olympe de Gouges. Voilà ce qui doit nous tenir lieu de leçon pour aujourd’hui. Son exécution est le prix d’avoir occupé un lieu que l’ordre politique et symbolique lui interdisait, car la Révolution supporte mal qu’on lui tende son propre miroir. L’enseignement ultime demeure ce devoir de résistance face à un humanisme du deux poids deux mesures : la liberté ment lorsqu’elle oublie d’inclure. Olympe de Gouges est de celles qui empêchent les grandes paroles de dormir tranquilles, nous sommant d’aller jusqu’au bout de nous-mêmes.

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2026-05-05 20:17 original

À mesure que l’on se rapproche de l’élection présidentielle, trois questions vont se poser : Qui est capable de faire face à Donald Trump, à Xi Jinping ou à Vladimir Poutine pour défendre les intérêts de la France ? Qui est capable de défendre la souveraineté de la France, technologique, financière, économique, sécuritaire, en créant par exemple un grand fonds de souveraineté et de solidarité ? Qui est capable de répondre aux problèmes des Français, de réparer l’État, qui ne fonctionne plus, de réparer la République, de redonner du bonheur à un pays malheureux ? La situation est d’autant plus grave que la fonction présidentielle n’a cessé de s’abîmer depuis 2007. Le défi que nous devons relever, c’est d’apprendre à nouveau à gouverner avec les Français, pour les Français. J’y suis prêt. Entretien du 26.04.26 sur @FranceTV

2026-05-01 20:56 original

« C’est la nuit qu’il est beau de croire à la Lumière » disait Edmond Rostand. Dans L’Éloge de l’ombre, Jun’ichirō Tanizaki va plus loin. Dans ce livre qui a la douceur d’un murmure et la force d’une révolution silencieuse, il dit que l’ombre elle-même est une forme de clarté. Il écrit ce texte au début du XXe siècle, dans un Japon qui change à une vitesse vertigineuse. Et sans rejeter la modernité, il nous dit : n’oublions pas que la nuance est une forme de civilisation. N’oublions pas que l’intime a besoin d’opacité pour rester libre. N’oublions pas que la modernité n’est pas seulement ce que l’on gagne, mais aussi la capacité à choisir, à garder du sens. Et la dernière leçon, enfin : apprenons à regarder autrement. Il faut lire ce texte parce qu’il est une école du regard. Il faut lire ce texte parce qu’il nous réapprend à voir la patine des choses, à entendre le silence, à sentir la lenteur. Parce que l’ombre est le lieu où la pensée mûrit, où le jugement se forme, où la compassion se prépare. Une société qui supprime l’ombre se prive de sa profondeur.

2026-05-01 20:20 original

Il est temps de ne plus prendre au sérieux les annonces de Donald Trump, rarement suivies d’effet, sauf pour ceux qui plient par avance. Chère Ursula von der Leyen, un petit sursaut européen de dignité s’impose, s’il vous plait ! Rappelons que depuis la déclaration de guerre à l’Iran, les États-Unis s’enrichissent chaque jour par leurs exportations de pétrole renchéries et l’Europe s’appauvrit chaque jour par sa dépendance aux marchés internationaux. Alors : Électrifions. Clarifions. Souverainifions ! Dominique de Villepin Source : Radio France

2026-05-01 20:13 original

Il est temps de ne plus prendre au sérieux les annonces de Donald Trump, rarement suivies d’effet, sauf pour ceux qui plient par avance. Chère Ursula von der Leyen, un petit sursaut européen de dignité s’impose, s’il vous plait ! Rappelons que depuis la déclaration de guerre à l’Iran, les États-Unis s’enrichissent chaque jour par leurs exportations de pétrole renchéries et l’Europe s’appauvrit chaque jour par sa dépendance aux marchés internationaux. Alors : Électrifions. Clarifions. Souverainifions ! Dominique de Villepin

2026-05-01 13:36 original

1er Mai : pour que vivent les travailleurs Rarement un 1er Mai n’aura suscité autant de polémiques que cette année. Il semble que le temps politique soit à la chasse aux trophées, à la bataille des totems. Comme si l’on cherchait des corridas pour montrer qu’on peut faire plier des syndicats. Avec des toreros peureux qui retirent leur projet de loi pour passer par le décret, puis par un simple communiqué enjoignant de façon ubuesque à leurs agents de ne pas faire d’inspections, c’est-à-dire de ne pas accomplir la tâche que leur imposent la loi autant que le droit international. Communiqué retiré face à la menace de recours des syndicats devant le juge administratif. Aujourd’hui, dans plus de 160 pays sur les cinq continents, nous célébrons les travailleuses et les travailleurs, leurs droits et leur dignité. Dans le souvenir de la tragédie de Chicago, et sous l'impulsion de Paris en 1889, le monde entier se met à l'arrêt pour rendre honneur à celles et ceux qui travaillent. L’esprit du 1er Mai, c’est l’esprit de gratitude. Cette journée des ateliers clos montre ce qu’est une France sans le travail. Une France à l’arrêt. C’est un rituel, année après année, où nous retenons notre souffle et saisissons ce que signifie le travail dans nos vies quotidiennes. C’est le moment de se souvenir aussi des travailleurs de la première ligne, ces travailleurs essentiels de l’époque du Covid-19 et des confinements, dont le travail continu, même dans des conditions difficiles et dangereuses, était indispensable. C’est le moment de se souvenir des travailleurs des secours, des soins et de l’aide aux personnes, de la défense de notre pays, dont le travail ne connaît pas de répit. Quarante ans, presque jour pour jour, après la catastrophe de Tchernobyl, c’est peut-être aussi le moment de se souvenir de ces « liquidateurs » qui intervinrent, au péril de leur vie et, le plus souvent, au détriment de leur santé, pour limiter les dommages. Ils ont risqué leur vie plus que pour leur pays, pour l’Europe tout entière, car les retombées lointaines du nuage radioactif issu d’une fusion non contenue du réacteur auraient pu être tragiques et durables chez nous aussi. L’esprit du 1er Mai, c’est aussi l’esprit de rassemblement. Celui d’un jour où le repos des uns n’est pas le travail des autres. D’abord, un rassemblement de mémoires, car c’est celui des travailleuses et des travailleurs dont le combat historique a construit la République sociale et démocratique qui est la nôtre aujourd’hui. C’est celui des grandes mobilisations, y compris celle de millions de Français qui, un 1er mai 2002, ont voulu crier « non ! » au Front national, exerçant ce pouvoir de dire non qui est au cœur de la dignité démocratique. Ensuite, un rassemblement d’expériences. Ce jour, seul jour férié chômé de notre calendrier, est là pour nous rappeler que le salariat est désormais la condition de l’immense majorité des Français, près de neuf sur dix, au-delà de toutes les divisions et de tous les conflits sociaux. C’est enfin un rassemblement d’énergies pour mesurer tout ce qui, aujourd’hui, doit être fait pour rendre le travail moins difficile. Se remobiliser, premièrement, dans la lutte contre le chômage, car, dans la période de stagflation qui s’est ouverte, les risques de l’automne sont importants. Plus de trois millions de Françaises et de Français sont au chômage. Plus de cinq millions sont en recherche d’emploi. Ce n’est pas le moment de baisser les bras, car il faut anticiper la grande vague de plans sociaux technologiques, visibles et invisibles, qui naîtront de l’adoption désordonnée et impréparée de l’intelligence artificielle. Réfléchir, deuxièmement, à l’amélioration de la qualité du travail, fragilisée notamment par le temps partiel subi, qui touche d’abord les femmes, par ailleurs toujours victimes d’inégalités salariales, mais aussi par le travail de plateformes, qui fragilise des populations entières avec des conditions de travail pénibles. Et bien sûr, troisièmement, mieux intégrer les indépendants et les commerçants, les agriculteurs, tous ceux qui parfois se demandent pourquoi une fête du travail ne devrait être qu’une fête des salariés. Ils sont plus de quatre millions et ils se sentent oubliés. Pourquoi ne pas réfléchir, symboliquement, à permettre aux artisans de déduire de leur résultat imposable une partie du chiffre d’affaires réalisé ce jour-là ? L’esprit du 1er Mai, en définitive, c’est l’esprit d’humanité. Celui qui mesure la dignité du travail, pour chacun et pour l’humanité entière. Celle d’une humanité qui reste maîtresse de ses outils et respectueuse de la planète. Le 1er mai 1950, à Bagatelle, le général de Gaulle tenait un grand discours : « Un jour, la machine est apparue. Le capital l’a épousée. Le couple a pris possession du monde. Dès lors, beaucoup d’hommes, surtout les ouvriers, sont tombés sous sa dépendance. Liés aux machines quant à leur travail, au patron quant à leur salaire, ils se sentent moralement réduits et matériellement menacés. Et voilà la lutte des classes !… Ah ! les pays libres peuvent bien déployer leur propagande et se ruiner en armement, l’épée de Damoclès demeurera suspendue tant que chaque homme ne trouvera pas dans la société sa place, sa part, sa dignité. » Et le général de Gaulle de rêver tout haut d’un monde qui sortirait, par le rassemblement, par l’unité politique, de la logique de lutte des classes où la machine nous avait plongés. Dominique de Villepin ©️ Photo : J.-P. GUILLOTEAU/L’EXPRESS

2026-04-30 19:08 original

Vingt ans qu’on me couvre de merde. J’ai l’habitude ! Entretien du 26.04.26 sur @FranceTV https://t.co/mV8sxLjziW

2026-04-29 20:42 original

Quand Forough Farroghzad dit « non », elle le dit avec la force de ces poètes qui déchirent son temps pour y ouvrir un passage. Faisant effraction dans la littérature persane moderne, elle refuse d’être une femme qui parle depuis la marge tolérée, le lieu assigné, la place surveillée, mais depuis le centre brûlant de son expérience. Mariée presque enfant, séparée très jeune, privée de son fils, blessée dans son existence la plus intime, elle a connu le prix humain de la liberté. Mais elle a su en faire une force rare, cherchant dans l’épreuve une vérité plus haute. Dans son film documentaire La Maison noire, accessible gratuitement sur internet, elle dit « non » à la lâcheté, à cette habitude qu’ont les sociétés de cacher ce qu’elles ne savent pas aimer. Près de Tabriz, elle filme les lépreux. les visages atteints, les corps marqués. Elle dit non à l’effacement du visage par la blessure, de la dignité par la maladie, de l’existence par le rejet. Elle pose sur le monde un regard qui restitue aux êtres leur présence, leur mystère, leur silence. Un regard de compassion véritable. Non à l’effacement et à l’indifférence. Non au mensonge des apparences, et à la beauté même lorsqu’elle s’achète au prix de l’oubli. Non à ce monde qui ne sait plus faire place à la faiblesse sans l’humilier.

2026-04-29 18:52 original

Le droit, le droit, rien que le droit. À l’heure où certains se pensent au-dessus des lois, en France et dans le monde, et se rendent compte que la justice finit heureusement toujours par trancher, voilà ce que j’ai voulu rappeler, deux jours durant, à La Haye. À l’Université de Leiden devant plusieurs centaines d’étudiants, auprès de la présidente de la Cour pénale internationale Tomoko Akane et du procureur adjoint Mame Mandiaye Niang, devant les membres français de la Cour pénale internationale : merci à tous pour ces échanges et cette promesse renouvelée de défendre sans cesse le droit. Dominique de Villepin

2026-04-29 10:01 original

Le drame qui se joue aujourd’hui au Mali doit nous alerter bien au-delà de la situation inquiétante de Bamako, sous blocus des forces islamistes. Il rappelle une vérité simple : on ne reconstruit pas un État par le putsch, ni la paix par les mercenaires. Lorsqu’un pouvoir prétend incarner seul la souveraineté mais n’est plus en mesure de protéger ni son territoire ni sa population, c’est toute la nation qui vacille. Face aux attaques djihadistes, notre première pensée va au peuple malien, aux victimes, aux familles, à tous ceux qui vivent dans la peur et l’incertitude. Mais il faut aussi regarder la réalité en face. Le Sahel ne sortira ni de l’effondrement institutionnel, ni de la fragmentation sécuritaire, ni de la concurrence des influences étrangères sans un sursaut politique profond. La lutte contre le terrorisme est indispensable. Elle ne suffira pas sans État légitime, sans administration respectée, sans justice, sans école, sans horizon pour la jeunesse. La France ne doit céder ni à l’arrogance d’hier, ni à l’indifférence d’aujourd’hui. Elle doit parler avec clarté et avec respect : soutenir une initiative africaine de sécurité, de réconciliation et de reconstruction de l’État ; refuser toute complaisance envers le terrorisme ; et rappeler que la souveraineté n’est pas un slogan, mais la capacité d’un peuple libre à tenir debout. Au Mali comme ailleurs, la paix ne se décrète pas. Elle se bâtit par la légitimité, par la durée, et par le courage politique. Dominique de Villepin ©️ Photo : Agence France Presse

2026-04-29 09:56 original no longer on X

Le drame qui se joue aujourd’hui au Mali doit nous alerter bien au-delà de la situation inquiétante de Bamako, sous blocus des forces islamistes. Il rappelle une vérité simple : on ne reconstruit pas un État par le putsch, ni la paix par les mercenaires. Lorsqu’un pouvoir prétend incarner seul la souveraineté mais n’est plus en mesure de protéger ni son territoire ni sa population, c’est toute la nation qui vacille. Face aux attaques djihadistes, notre première pensée va au peuple malien, aux victimes, aux familles, à tous ceux qui vivent dans la peur et l’incertitude. Mais il faut aussi regarder la réalité en face. Le Sahel ne sortira ni de l’effondrement institutionnel, ni de la fragmentation sécuritaire, ni de la concurrence des influences étrangères sans un sursaut politique profond. La lutte contre le terrorisme est indispensable. Elle ne suffira pas sans État légitime, sans administration respectée, sans justice, sans école, sans horizon pour la jeunesse. La France ne doit céder ni à l’arrogance d’hier, ni à l’indifférence d’aujourd’hui. Elle doit parler avec clarté et avec respect : soutenir une initiative africaine de sécurité, de réconciliation et de reconstruction de l’État ; refuser toute complaisance envers le terrorisme ; et rappeler que la souveraineté n’est pas un slogan, mais la capacité d’un peuple libre à tenir debout. Au Mali comme ailleurs, la paix ne se décrète pas. Elle se bâtit par la légitimité, par la durée, et par le courage politique. Dominique de Villepin

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2026-04-24 20:39 original

Je veux vous parler d’un tableau qui invite au chant. Ce tableau, c’est « La Visitation », de Giotto. C’est une peinture qui pense et nous invite sur le chemin du Magnificat. Le Magnificat est d’abord un texte de souveraineté intérieure qui affirme que la dignité naît d’une verticalité intime et d’une fidélité à une vérité plus haute que les rapports de force. C’est un consentement qui relève, et non une soumission à l’ordre établi. Le Magnificat, enfin, est une puissance politique autant qu’un cantique de renversement. Il ose dire que le monde tel qu’il est n’est pas celui qu’il doit être, car ce que nous appelons « ordre », quand il écrase, est déjà un désordre moral. « Il renverse les puissants, il élève les humbles » : voilà la phrase qui brûle et qui rappelle que la force n’a pas le dernier mot. Ce chant dérange profondément ceux qui voudraient réduire la foi à une simple « grammaire d’obéissance ». Je pense à la tentative de neutraliser ce que certains appelaient son « venin » pour n’en garder qu’une parole de stabilité. Le Magnificat refuse d’être domestiqué et demeure une école de conscience. Aujourd’hui, dans notre monde cassé, j’entends ce chant nous dire de ne pas laisser la force devenir notre unique règle . Il nous enseigne une pédagogie de l’attention où la justice commence dans le regard, transformant la variable en visage et l’exilé en frère. C’est une boussole qui nous apprend à tenir debout sans écraser et à nommer les choses avec justesse. Enfin, il exhorte à ne jamais accepter que le pouvoir soit gouverné par l’indifférence, car elle est toujours le premier trône des puissants.

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